Les deux vététistes Yannick Lincoln et Aurélie Halbwachs sont rentrés d’Afrique du Sud, où ils disputaient le Cape Epic, avec les honneurs. Un maillot de vainqueur mixte sur les épaules, la tête pleine de souvenirs, mais aussi avec un peu d’incrédulité du fait de la grandeur de leur exploit. Le duo revient sur les semaines avant la course, la course elle-même et le sentiment qui les a animés au moment de revêtir ce maillot vert. Questions croisées.
Yannick Lincoln et Aurélie Halbwachs, dans toute l’aventure que vous avez vécue, quel a été le moment le plus dur ?
Y.L. : Chaque instant a été difficile. Nous sommes passés par des moments de doute extrême. Nous avions une préparation assez compliquée : on était fatigués et c’était dur d’accepter qu’on n’était pas en avance sur notre préparation. Mais en même temps, on essayait de retarder la forme.
Et le plus compliqué ?
Y.L. : C’était de rester à fond, pendant près de six heures de suite, sur des chemins rocailleux. Il y a aussi eu le stress des pannes à gérer, veiller à ne pas avoir de défaillance. C’était une pression constante.
Il y a ensuite le premier soir, où vous êtes leaders de la catégorie mixte. Vous vous dites quoi à ce moment ?
Y.L. : C’est incroyable. Les années précédentes, j’étais sous la tente, avec les 1 200 participants, à regarder avec une certaine fascination les leaders. Cette fois, c’était nous. On était sur le podium avec les leaders. C’était vraiment un moment magique.
Qu’avez-vous ressenti en passant la ligne d’arrivée, dimanche, en vainqueurs ?
A.H. : On s’est dit que c’est fini. Plus de stress, plus de pépins, on était juste contents de passer la ligne d’arrivée en entier. Et notre plus beau souvenir, c’est au moment où nous passons la ligne avec le drapeau mauricien.
À partir de quel moment avez-vous commencé à croire en une victoire finale ?
A.H. : Je dirai que c’est à partir de jeudi. Nous étions côte à côte avec une paire de Sud-Africains (ndlr : Theo Blignaut et Cherise Stander). Puis, peut-être sous l’effet de la panique, la fille a fait une crise. Je pense que c’est après cette étape que tout s’est joué.
Y.L. : On est restés concentrés du début à la fin. Quand on partait, et ça partait vraiment au sprint, on ne savait pas où étaient nos concurrents. On donnait vraiment tout jusqu’à la ligne d’arrivée.
Avez-vous eu de mauvais moments pendant la course ?
A.H. : Non, pas vraiment. Il y a eu des moments difficiles. Mais c’est dans toutes les courses.
Vous étiez les seuls leaders au général qui dormaient sous les tentes. Les autres, eux, avaient toute une logistique, dont une caravane. Comment vous sentiez-vous ?
Y.L. : Il y a eu la première impression. C’était difficile. Mais une fois qu’on a pris l’ascendant psychologique, c’était mieux.
A.H. : On s’est aussi dit que c’était juste une question de moyens. Après, ça ne changeait rien. On courait dans les mêmes conditions, on passait les mêmes côtes, les mêmes sentiers.
Et si vous deviez retenter l’aventure ?
A.H. : Reposez-nous les questions l’année prochaine. Il faudra voir la forme physique à trois mois du Cape Epic. Pour l’instant, c’est assez difficile d’y penser, nous avons d’autres objectifs pour la saison.