Depuis deux mois, La Comédie mauricienne revient au théâtre avec des représentations données à Curepipe et à Beau Vallon. Raj Gokhool a l’ambition de présenter au moins une pièce par mois pour rire, pour faire réfléchir, mais aussi pour renouer avec le plaisir d’être en contact avec le public. Un sentiment que la notoriété l’avait un peu fait négliger. Présent sur scène depuis une vingtaine d’années, alors que les affaires marchent bien pour lui, l’homme de théâtre se ressaisit pour retrouver le goût du trac et des défis.
Il a les traits un peu tirés ce matin lorsqu’il débarque en trombe dans les bureaux de la Comédie mauricienne à Curepipe. Hier, Monsieur n’a pas été, comment dire ? sage. Il s’est montré insatiable. À lui tout seul, il s’en est tapé une bonne dizaine en quelques heures et sans interruption. D’accord, il a pris son pied : “Mais à la fin de la journée, j’étais exténué. Je n’avais plus de voix et lorsque je suis rentré chez moi, je n’ai même pas eu envie de manger.” Voilà ce qu’il en coûte d’en faire trop quand on a un plan pub. Tout cela n’est pas raisonnable. Mais que voulez-vous ? Quand on carbure au stress, à la pression et à la passion, on finit par aimer ce genre de situation.
La veille, donc, il a aimé ce coup de folie devant micros et caméras, virevoltant, souriant, s’excitant pour préparer une autre campagne de publicité comme il en fait depuis une quinzaine d’années. “À la télévision, les gens me verront rire et me trouveront frais. Le public ne se l’imagine pas, mais ce travail demande beaucoup d’efforts et d’énergie. C’est éreintant.” Ainsi, quand il se la pète avec son éternelle bonne mine et son air perpétuellement enjoué, c’est qu’il nous joue encore une fois la comédie. Sacré acteur, va ! C’est donc à nous de lui faire toute une scène pour qu’il fasse enfin tomber le masque et que l’on voit ce qu’il cache derrière.