Trente-cinq des 247 plaintes introduites auprès du Bureau de l’Ombudsperson pour les Enfants (OCO) entre juin 2012 et mai 2013 se réfèrent aux problèmes d’abandon et de négligences alors que 31 cas concernent des difficultés liées à des conflits familiaux, tels la garde de l’enfant ou le droit de visite. Quant aux groupes d’âge des enfants présentés comme « victimes », la majorité des plaintes concernent les 12 à 15 ans (73 cas), suivi des 8-11 ans (60 cas). La plupart des plaintes ont par ailleurs été faites par les mères (54 cas), puis par les pères (49 cas). Les autres sources sont, entre autres, des anonymes, voisins, grands-parents, amis, proches et travailleurs sociaux.
Sous le chapitre « Residential Care Institutions », le rapport de l’OCO expose le problème des difficultés que rencontrent les parents à rendre visite à leurs enfants résidant dans de tels centres. Le rapport fait état de la plainte d’une mère ayant déclaré, auprès de l’OCO, ne pas savoir où son enfant se trouve et ne pas l’avoir rencontré depuis près de cinq ans. Selon les informations glanées par l’OCO, les parents n’ont pas l’occasion de rendre visite régulièrement à leurs enfants. Les parents doivent en effet introduire une demande à la CDU (Child Development Unit) avant que les enfants se rendent ensuite dans les bureaux de la CDU pour rencontrer leurs parents. Cependant, en se basant sur les Residential Care Home Regulations 2005, l’OCO soutient que les directeurs des Residential Care Institutions « need to provide suitable facilities for residents to meet visitors in communal accomodation and make necessary arrangements so that the children can maintain contact or communicate with their families and friends and relatives ».
Le rapport rappelle les mesures récemment prises par le ministère de l’Égalité des genres à ce sujet, notamment de « supervise all meetings and visits »; « ensure security and safety of the child at all times » et rapporter immédiatement au ministère de tutelle « if there has been any attempt or request of parents or relatives to meet a child under Emergency Protection Order ». Par ailleurs, « the manager shall not take any child to a staff/outsider’s residence/parent’s place from where child has been removed ». La direction, rappelle le rapport, ne doit permettre à des « outsiders to enter the premises without permission » ni « allow inappropriate gestures to be made towards residents ».
Sous le chapitre « Right of children to be heard », l’OCO dit avoir été informé  que les enfants de tels centres ne peuvent même pas envoyer une carte à l’occasion de la fête des mères sans obtenir au préalable la permission de la CDU. Le rapport recommande à ce sujet : « Children in RCIs should maintain personal relations and direct contact with both parents on a regular basis, except if it is contrary to the child’s best interests. »
S’agissant des violences sexuelles à l’encontre des enfants, l’OCO souligne que de nombreux cas ne sont malheureusement pas rapportés, et ce pour plusieurs raisons : l’abus sexuel est considéré comme un sujet tabou, les victimes ayant honte et peur de dénoncer à cause des répercussions sociales; dans les cas d’inceste, les enfants sont souvent pris dans un cercle vicieux et; l’enfant ne sait parfois pas faire la différence entre « safe and unsafe touching ».
De janvier à mars 2013, la MFPWA a enregistré 84 plaintes liées à l’abus sexuel envers des filles et 35 cas de grossesses précoces. Selon le rapport, beaucoup de cas de grossesses précoces ne sont pas rapportés. L’OCO dit bien accueillir la décision du ministère de l’Éducation d’introduire la Sex Education dans le programme scolaire à partir de janvier 2014. La prostitution infantile est encore, malheureusement, selon l’OCO, une réalité à Maurice. Pauvreté, chômage, manque d’opportunités et marginalisation en sont le plus souvent à la source.
Outre l’abandon de l’enfant et les droits de visite, les autres types de problèmes dénoncés sont : les abus sexuel (22 cas); la violence domestique (20 cas); la punition corporelle (19 cas); l’abus verbal (17 cas); la prostitution ou le trafic d’enfants (13 cas); l’indiscipline (10 cas); la fugue (6 cas); la tentative de suicide (3 cas); le meurtre ou l’allégation de négligence médicale ayant mené au décès de l’enfant (2 cas); la drogue et l’alcool (2 cas).
Les groupes d’âge d’enfants ayant été présentés comme victimes sont  : 16-18 ans (34 cas); 12-15 ans (73 cas); 8 à 11 ans (60 cas); 4-7 ans (55 cas); et 0-3 ans (25 cas).