Enfant, Willem Boulanger nourrissait le rêve de vivre au Congo. S’il a pu le réaliser, il en a désormais un autre : celui de créer une réserve animalière à proximité de Kolwezi. Mais, à 83 ans, les choses ne sont guère faciles, surtout dans un pays résolument instable.
“J’avais 9 ou 10 ans et je disais déjà que je vivrais au Congo.” Ce rêve d’enfant de Mons, en Belgique, Willem Boulanger l’a largement réalisé. À bientôt 83 ans, il en caresse un autre : celui d’une réserve animalière près de Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo.
Grand, solide et à peine voûté par les années, le cheveu ras et la fine moustache blanche, M. Boulanger est un livre d’histoires. En près de 56 ans au Congo, il a vécu les remous de l’indépendance, pris part à la sécession du Katanga, vu les parachutistes français sauter sur Kolwezi, la grande cité minière de cette province, et également vécu, au début de la décennie 1990, les troubles qui allaient précipiter la fin du long règne du maréchal Mobutu sur ce qui s’appelait alors le Zaïre.
En bermuda dans ses bottes de marche à lacets, il conte avec humour ses aventures et se souvient, enfant, d’avoir été bercé par les récits de missionnaires catholiques de retour du Congo belge. Son aventure africaine commence en 1959 : il répond à une offre d’emploi lue dans le journal et s’installe en septembre avec sa femme à Kolwezi. L’Union minière du Haut-Katanga (UMHK), la société belge qui exploite les gisements fabuleux de la “ceinture du cuivre” congolaise, l’a embauché et il y finira sa carrière.