La série d’exercices de médiations, initiée par le ministère du Travail et des Relations industrielles depuis ces dernières 72 heures pour trouver un terrain d’entente au sein de l’industrie sucrière, se complique davantage et s’apparente à une véritable saga. La séance de travail des comités techniques d’hier après-midi à la Victoria House a en effet été marquée par le “walk-out” des syndicalistes du Joint Negotiating Panel à la suite de la proposition de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) d’accorder une augmentation salariale, mais tout en supprimant le paiement de la compensation salariale annuelle du gouvernement sur une base de quatre années. Cet après-midi, l’équipe de médiation menée par le ministre Shakeel Mohamed tentera de revenir à la charge lors de nouvelles tractations tripartites en vue de désamorcer cette crise industrielle.
Lors du déroulement des travaux des comités techniques d’hier, qui auront duré pratiquement une journée, les syndicalistes du JNP ont une nouvelle fois insisté sur leur package de conditions pour conclure cet accord, soit une augmentation salariale de 38%, un système pour contrôler l’abus dans le recrutement des ouvriers saisonniers, et un plan de retraite décent, l’accord couvrant l’intégralité des travailleurs du sucre. À un certain moment des tractations, la MSPA faisant restant sur sa proposition d’augmenter les salaires de 11%, les syndicalistes devaient revoir leur exigence et formuler une nouvelle proposition à hauteur de 30%. Selon des recoupements, la MSPA aurait présenté deux options : soit une augmentation de 11% répartie sur quatre ans, les autres demandes non-résolues étant alors référées à l’Employment Relations Tribunal pour arbitrage, soit le paiement des 30% réclamées mais en supprimant la compensation salariale annuelle du gouvernement sur une période de quatre ans.
Ces contre-propositions de la MSPA devaient soulever un véritable tollé à la Victoria House, provoquant alors le “walk-out” des syndicalistes aux alentours de 15h30, et ce afin de démontrer leur profond désaccord avec ces deux options présentées. « Nous avons fait preuve de bonne foi et nous avons même évoqué la possibilité de descendre le taux de cette augmentation à 30%, au lieu de 38%. La position des sucriers est donc inacceptable et scandaleuse. Ils ne portent aucune considération à ces travailleurs qui vendent leur courage à l’industrie sucrière. Les compagnies sucrières ont simplement à coeur de produire leur propre richesse. Maintenant, ce sera aux médiateurs de décider de la suite des événements », a déclaré Ashok Subron après le cafouillage ayant émaillé les négociations d’hier après-midi.
Dans le camp du ministère du Travail, on tentera dès cet après-midi de rendre ces tractations moins laborieuses avec une nouvelle rencontre convoquée à la Victoria House à partir de 15 h. Cette réunion sera suivie avec intérêt cet après-midi, sachant surtout que, selon des bruits de couloirs du côté du ministère, on affirmerait avec insistance que les officiers n’approuvent en aucun cas la stratégie adoptée hier par les patrons de l’industrie sucrière. Ces négociations devenant de plus en plus difficiles, l’équipe de médiation du ministère du Travail et des Relations industrielles s’engage donc dans une véritable course contre la montre, d’autant que la grève des travailleurs, prévue pour le 19 novembre, approche à grands pas. À noter d’autre part que les syndicalistes devront faire entendre leur voix dès ce dimanche à travers un rassemblement des artisans et laboureurs de l’industrie sucrière, prévu dans les rues de Port-Louis.