Cette semaine marquera un virage crucial sur le plan des relations industrielles dans le secteur sucrier compte tenu de la menace de la double grève des artisans et laboureurs prévue dans 72 heures. Les négociations tripartites se poursuivant demain après-midi sous la présidence du ministre du Travail, Shakeel Mohamed, sont présentées comme étant celles de la dernière chance en vue d’éviter de justesse la mise à exécution de cette action industrielle dès mercredi matin sur les établissements sucriers. Les patrons de la MSPA devront venir avec de nouvelles propositions convaincantes à la table de médiation ce lundi, surtout après avoir essuyé un sérieux revers depuis l’hôtel du gouvernement en fin de semaine sur le lien impossible entre la compensation salariale et une augmentation de salaires sous un Collective Agreement.
Dans la conjoncture, il est quasiment impossible de donner une quelconque indication sur le déroulement des événements de ce début de semaine au vu du scénario qui se joue actuellement dans l’industrie sucrière avec des rebondissements inattendus. Cependant, après un premier renvoi de la grève au cours de la semaine écoulée suite à des tractations de dernière minute, la double grève des artisans et laboureurs à partir de mercredi semble inévitable dans l’éventualité où les rounds de négociations se heurtent à des obstacles majeurs.
En attendant, la certitude est que les syndicalistes du Joint Negotiating Panel mettent les bouchées doubles sur le terrain pour les préparatifs de ce débrayage qui devrait être engagé à partir de mercredi matin sur les établissements sucriers. En prélude à cette éventuelle action industrielle, les syndicalistes donnent rendez-vous aux travailleurs du secteur sucre en général à Port-Louis ce matin pour ces mêmes préparatifs. Tout comme les dirigeants du JNP, le patronat sucrier a réenclenché les procédures pour être préparé au mieux pour cette possible grève.
Avec cette mobilisation de ce matin, les représentants du JNP devront également passer en revue l’évolution des étapes de négociations survenues pendant la semaine et surtout présenter les scénarios qui pourraient se produire dans les jours à venir. Ainsi, il est attendu que les sucriers viennent à la table de négociation avec de nouvelles propositions demain après-midi pour ce nouveau round à la Victoria House. Les patrons de la MSPA ont été priés de revoir leur copie après le sérieux revers essuyé vendredi après-midi. Au cours d’une session de travail avec le comité technique du ministère du Travail et des Relations industrielles jeudi après-midi, il avait proposé d’accorder une augmentation salariale tout en supprimant la compensation salariale annuelle décidée lors des tripartites pour les prochaines quatre années.
Par la voix du ministre du Travail, le conseil des ministres a fait comprendre qu’il n’y a aucun lien entre la compensation salariale et une augmentation des salaires sous un Collective Agreement. Selon l’agenda prévu, le ministre devrait écouter la proposition de la MSPA aux alentours de 13h avant de rencontrer les syndicalistes du JNP vers 14h.
Par ailleurs, la situation risque de chauffer à nouveau dans le secteur du transport en commun, le 2 décembre, date choisie pour le début de l’action industrielle, approchant à grands pas. Les représentants de la Union of Bus Industry Workers (UBIW) sont dans l’attente du prochain move de Navin Ramgoolam dans le cadre de ce litige salarial secouant également ce secteur.
D’autre part, dans la conjoncture politique, les relations sont nullement au beau fixe entre la direction de la CNT et certains travailleurs. Les recoupements d’informations sont que des transferts punitifs à caractère politique de trois employés de la CNT sont intervenus ces derniers jours. Ces trois travailleurs auraient été transférés du dépôt de Rivière-du-Rempart à celui de La Tour Koenig à cause de leur proximité avec le MSM en cette période de campagne électorale. Tout semble indiquer que leur participation active sur le terrain pour le compte des orange n’aurait pas été vue d’un très bon oeil de la part de la CNT.
« Nous condamnons ce genre de transfert. Chaque travailleur a la liberté d’exprimer son opinion et de s’engager avec n’importe quel parti politique. CNT pa enn paraetatik kouma les autres. Li pa kouver par PRB me par NRB », dénonce Ashok Subron, négociateur de la UBIW, tout en demandant au Premier ministre d’intervenir dans ce dossier pour annuler ces transferts.