La Street Vendors Association a logé hier une demande d’injonction en Cour suprême pour demander l’arrêt de toutes les procédures enclenchées par le conseil municipal de Port-Louis dans le cadre du relogement des marchands ambulants aux places Decaen et Immigration, notamment pour empêcher le tirage au sort prévu ce lundi à partir de 9 h 30. Le même jour, l’association entend loger son “main case” pour protester contre la décision de la municipalité.
Alors que la mairie de Port-Louis a signifié l’intention d’aller de l’avant avec le relogement des colporteurs aux places Decaen et Immigration, la Street Vendors Association a saisi la justice pour réclamer que la Cour intervienne pour « prevent, prohibit and refrain » le “respondant”, à savoir le conseil municipal de Port-Louis, « from proceeding with the “tirage au sort” for the allocation of stalls situated at Place Immigation-Port Louis Nord and Decaen-Port-Louis Sud ». L’exercice doit en effet se tenir lundi prochain à partir de 9 h 30 sous la supervision d’un huissier et sera censé déterminer le nom des occupants des étals dans ces deux sites. Au total, 943 étals sont disponibles.
L’association s’oppose à tout projet de relogement temporaire et maintient que « hawkers cannot be continously relocated each season ». Dans un affidavit juré par le secrétaire de la Street Vendors Association, Byesahid Ferroz Wahedally, l’association soutient que les sites identifiés ne répondraient pas aux normes de santé et de sécurité, et qu’il n’y aurait pas d’espace nécessaire pour le chargement des marchandises, car les deux sites se trouvent dans l’enceinte des deux gares routières. Selon Hyder Raman, président de l’association, interrogé hier après-midi, ce sont environ 300 véhicules qui transiteront quotidiennement par les gares routières. Ce qui, décrit-il, portera préjudice à la circulation. « Cela créera une véritable pagaille dans les deux gares », indique ce dernier. L’association soutient également, dans son affidavit, que, lors des grosses averses, ces sites sont souvent inondés. « It is clear the the human factor has not been considered at all », cite-t-il.
Dans ce document légal, l’association précise par ailleurs que les marchands ambulants réunis au sein de celle-ci sont « duly licenced » par le conseil municipal de Port-Louis et qu’ils sont des “tax payers”. La SVA attire également l’attention sur le fait que, suite à un “survey” réalisé par les inspecteurs municipaux, quelque 1 334 colporteurs ont été recensés et environ 100 marchands ambulants n’étaient pas présents au moment de l’exercice. Selon l’association, ces 1 334 marchands ambulants agiraient de « bonne foi » dans les démarches pour régulariser la situation des colporteurs, et déplore que la municipalité « is not proceeding in the right manner ». Hyder Raman poursuit : « Il n’est pas trop tard pour arrêter les procédures enclenchées depuis la semaine dernière pour l’enregistrement des marchands ambulants et la tenue du tirage au sort. » Ce dernier insiste toujours pour l’institution d’une table ronde avec les différents partenaires de ce dossier. « Nous voulons que les autorités entendent notre voix. Nous sommes ouverts au dialogue », insiste Hyder Raman.