Le tirage au sort prévu au Mauritius Turf Club (MTC) cette semaine par la mairie de Port-Louis a été « une fois de plus » reporté. Cet exercice a pour but de reloger les marchands ambulants de la capitale sur deux sites.
« C’est un exercice fantôme », déplorent les colporteurs ciblés par la mairie de Port-Louis. Pour eux, le tirage au sort prévu au MTC depuis plusieurs mois déjà n’est qu’une « astuce » de la municipalité pour calmer les marchands ambulants interdits sur ordre de la Cour suprême d’écouler leurs marchandises dans un rayon de 500 mètres autour du marché central.
« Depuis que la MPL fait respecter cet ordre, nous avons du mal à joindre les deux bouts. Nous sommes sans arrêt chassés par la police et traqués par les officiers de la mairie », soutient Nevidah, mercière dans la capitale depuis une dizaine d’années.
Depuis l’année dernière, la MPL et la police travaillent de concert afin de faire respecter cet ordre judiciaire. Par ailleurs, deux sites destinés à reloger les colporteurs ont été aménagés, notamment sur l’ancien site Decaën, à côté de la Gare Victoria, et à la Place de l’Immigration, à proximité de la Gare du Nord. Grâce à ces deux projets, plus d’un millier de marchands ambulants, identifiés par la mairie, devraient pouvoir régulariser leur situation. Toutefois, ce relogement temporaire ne se fera qu’à l’issue d’un tirage au sort afin de leur octroyer un étal.
Cependant, cet exercice peine à aboutir. « Ce n’est que la veille qu’on nous a informé que l’huissier ne pourra être présent au tirage au sort. Nous ne pouvons faire autrement que de l’annuler », explique-t-on à la mairie.
« Comment la mairie peut-elle annoncer la date du tirage au sort pour ensuite la repousser. Avan ki zot anons kitsoz, zot ti bizin sir ki tou bann parti konserne bel ek bien prezan apre lerla larg invitasion », s’indigne un colporteur travaillant à Rue La Corderie.
Si les colporteurs déplorent, eux, le manque de professionnalisme des autorités, à la mairie, on soutient que le relogement des marchands ambulants de la capitale demeure une priorité. « Nous souhaitons que les colporteurs soient relogés au plus vite pour que durant la période de fêtes de fin d’année, les rues de la capitale ne soient pas encombrées de marchands de part et d’autre », soutient pour sa part le lord-maire Aslam Hossenally.
En attendant, les marchands disent « prendre leur mal en patience ».