Navin Ramgoolam a été, plus que jamais, la cible de quasiment tous les orateurs du meeting du 1er mai du Remake 2000. Le moment fort de ce rassemblement populaire a certainement été la présence et l’allocution du leader historique des mauves, Paul Bérenger, absent de la scène politique depuis l’annonce du début de son cancer à l’amygdale, en janvier dernier. Bérenger et SAJ, les deux dirigeants de l’alliance mauve/orange, ont pris la parole, chacun pendant un quart d’heure, devant une foule très compacte qui a envahi les rues SSR et Pope Hennessy dès 10 h.
« Ramgoolam finn Premie minis sa pei la pandan 13 ans ! 13 an gaspiyaz ki linn fer ! Si ti donn mwa sa, mo ti va fer veritab mirak ekonomik pou nou pei ! » C’est en ces termes que Paul Bérenger a délivré son message politique aux très nombreux partisans venus, hier matin, à Port-Louis. « Pei pe koule depi 2005 ki linn retourn au pouvwar », devait-il encore soutenir. S’adressant aux jeunes, le leader historique des mauves devait déclarer : « Il ne faut pas perdre espoir. Les jeunes doivent savoir que tous les politiciens ne sont pas des pourris et des corrompus. Il y a certains qui sont honnêtes et à qui vous pouvez faire confiance. » M. Bérenger devait poursuivre : « Nous sommes à un tournant de notre histoire. Notre priorité immédiate, c’est d’offrir à nos jeunes des perspectives honnêtes de travail, un avenir basé sur la confiance. Parce que Navin Ramgoolam, en 13 ans, a fait énormément reculer notre pays ! Que ce soit sur le plan économique, social ou sur la question des Chagos ou Tromelin, avec tous les scandales et arnaques généralisés, tout le système est pourri jusqu’à la moelle. C’est cela le plus grand “achievement” de Ramgoolam en ses 13 années de règne comme Premier ministre. » C’est pour cela qu’il faut, poursuit-il, « un renouveau ici, comme il y a un renouveau de la gauche en France et dans le monde entier. Il est temps de faire émerger un socialisme lucide, moderne, et surtout moral. Sans oublier notre sens du patriotisme. Car nou ti pei ki nou adore, li bizin enn lavenir international ! Nous prenons un engagement solennel au sein du Remake d’aller dans cette direction ». Pour Paul Bérenger, « nous n’avons pas besoin de jaser ou d’aller à “London”. Pour nous, c’est l’histoire qui a été notre tribunal et l’histoire retiendra toujours la leçon que nous avons donnée avec le premier 60-0 de 1982 ».
« Incompétents »
Prenant la parole dans le sillage de Paul Bérenger, en guise de clôture au meeting du Remake 2000, sir Anerood Jugnauth devait, à son tour, fustiger Navin Ramgoolam et « so Gouvernman inkonpetan e imoral ». Pour l’ex-président de la République, « zordi, Navin Ramgoolam inn gayn so mesaz : lepep inn vir ledo ar li. Lepep pe dir li “lev pake ale” ! » Commentant l’actualité et reprenant les thèmes abordés durant les meetings et congrès nocturnes qui ont ponctué les 30 jours précédant ce 1er mai – scandales financiers, pédophilie alléguée au MITD, abus sexuels au foyer Namasté, entre autres —, SAJ devait aussi s’en prendre à « Nandanee Soornack, Gooljaury ek tou sa klik ki Ramgoolam pe enrichi alor ki li pe bwar ou disan ! » Il devait également égratigner les conseillers du PM, estimant qu’ils auraient dû le remettre dans le droit chemin.
Pour sa part, Alan Ganoo, actuel leader de l’opposition, devait tirer à boulets rouges sur la MBC, entre autres. « Ramgoolam kapav manipil MBC, lapres ek sondaz fosfos ek so bann sosiokiltirel. Me li na pa pou kapav manipil enn lepep ki reflesi, ki mir. Nou pou donn li so leson ». Le leader de l’opposition devait lancer à la foule : « Notre traversée du désert touche à sa fin. L’échéance prochaine est en 2015 pour les élections générales. Mais nous n’attendrons pas jusque-là. Bientôt, vous irez voter et c’est un 60-0 qui donnera le signal dans ce pays ! »
Alan Ganoo devait aussi égratigner le PM s’agissant du « tam-tam politique du 1er mai ». « Ki tam-tam li pe koze ? Eski Paul ou SAJ bann dimounn ki fer tam-tam, sa ? Ki sannla ki mett sapo lapay al danse dan konferans ? Nou, ou bien li ? » Traitant les membres de l’actuel régime d’« incompétents qui font preuve de légèreté et d’irresponsabilité, et qui n’ont pas à coeur l’intérêt de notre pays », Alan Ganoo devait qualifier ce 1er mai 2013 de « bien triste ».
Auparavant, Pravind Jugnauth devait rappeler que « pendant 14 mois, j’ai fait partie de ce gouvernement pourri ». « Qu’est-ce que ce gouvernement a apporté de nouveau pour le pays ? Rien ! Quand j’étais ministre au sein de ce gouvernement, j’ai présenté le projet de “Duty Free Island”, un projet révolutionnaire, mais qui a hélas atterri dans les tiroirs ». Il devait, lui aussi, s’en prendre à Nandanee Soornack : « Kan mo ti minis, Navin dir moi “Pravind, rann enn servis, “La Sirène” pe dir fer tel zafer…” Abe, gete, azordi, l’aéroport bizin apel “Nandanee Soornack International Airport” ».