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– « Consultancy fees » de Rs 11 M et quatre mois à PIXEL-TEAM pour préparer l’appel d’offres pour les travaux

– Dinesh Ramphul (architect designer) : « Il faut une restauration honnête de ce bâtiment historique »

Une nouvelle étape a été franchie dans le projet de rénovation du Théâtre du Plaza avec l’octroi du contrat de consultant à PIXEL-TEAM, société indo-mauricienne engagée dans les travaux d’architecture, lundi dernier. La date de la réouverture du théâtre est cependant toujours incertaine. Cette équipe a entamé un examen complet du bâtiment en vue de préparer les documents pour l’exercice d’appel d’offres pour la réalisation des travaux de rénovation. Ces documents doivent être prêts au plus tard dans quatre mois. La mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill déboursera une somme de Rs 11,3 millions pour les “consultancies fees”.

Les prévisions de Ken Fong Suk Koon, maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, quant au calendrier pour la réalisation des travaux, sont très optimistes. « Les travaux devront être complétés dans une période de dix mois à partir de l’octroi du contrat au constructeur et on espère terminer fin 2019 », dit-il. Mais des cadres municipaux, rompus aux procédures administratives relatives à la réalisation des projets de développement requérant des appels d’offres, sont beaucoup plus réalistes, même s’il y a un soutien financier garanti du gouvernement .

« Le théâtre ne sera pas prêt avant juin 2020. Déjà que pour des projets moins grandioses que celui du théâtre, il y a énormément de vérifications à faire. La préparation pour l’appel d’offres pour ce projet de rénovation de ce théâtre ainsi que l’analyse des propositions qu’on recevra vont prendre davantage de temps car nous devrons passer à la loupe tous les détails. Il s’agit d’un bâtiment particulier et très sensible et on n’a pas droit à l’erreur », préviennent des officiers municipaux. « Ce n’est pas parce que les prochaines élections sont derrière la porte que le gouvernement du jour doit se hâter pour rouvrir le théâtre », ajoutent-ils.

Dinesh Ramphul, architect designer et directeur de Ramphul Associates Architects, collabore avec PIXEL-TEAM sur ce projet de rénovation, avance qu’« il s’agit là d’un véritable travail de fourmi. Les choses se sont grandement dégradées et il faut faire une étude complète du bâtiment ». Dinesh Ramphul connaît bien les contours et les différents aspects de ce théâtre car il en avait entrepris une étude similaire au début des années 2000. En effet, le MMM, qui gérait les villes sœurs à l’époque, avait un projet de rénovation, lequel n’avait pas abouti en raison de contraintes financières.

Aussi, fort de son expérience dans l’enceinte de ce théâtre il y a une quinzaine d’années, Dinesh Ramphul pense qu’une des priorités lors de ces prochains travaux de rénovation devrait être le « renforcement des parties vulnérables de la structure protégeant contre les intempéries ». Il met l’accent sur la nécessité de la mise en place d’un système anti-incendie sophistiqué et efficace.

« Il s’agit d’une pièce importante du patrimoine national et il faut pourvoir ce théâtre d’un système préventif d’incendie très efficace et qui soit directement lié aux casernes de pompiers. Il faut surtout avoir un bon système d’alarme, même si cela coûte cher », dit-il. Ce dernier est aussi sensible à la question de la qualité des matériaux devant servir pour la rénovation de ce bâtiment historique datant de 1929.

« On ne remplace pas l’histoire… Il faut une restauration honnête du Théâtre du Plaza », dit-il au Mauricien. Par restauration honnête, il entend le respect de l’authenticité du bâtiment.

Dinesh Ramphul reconnaît qu’il existe certains matériaux synthétiques qui sont plus résistants aux intempéries mais il est « mal à l’aise avec le synthétique lorsqu’il s’agit de la restauration des structures principales » d’un bâtiment historique et figurant de surcroît au patrimoine national. « Il faut garder l’authenticité du bâtiment. Si c’était du fer, allons-y pour le fer… Et si c’était du bois, remettons du bois. Je ne suis pas pour le synthétique ! » dit-il.

Toutefois, il apporte une certaine nuance à son point de vue concernant les matériaux synthétiques : « On peut faire le raccourci avec des matières provenant de technologies avancées lorsqu’il s’agit de la restauration d’un aspect mineur et qui n’est pas visible et pas lié aux structures principales d’un bâtiment historique. »

L’architect designer plaide aussi pour « un plan d’entretien » pour le Théâtre du Plaza à l’avenir, en soulignant que le consultant aussi n’est pas insensible à cette question. « On pourrait avoir une magnifique restauration du Théâtre du Plaza mais si les autorités ne prévoient pas de budget raisonnable pour un plan d’entretien, ce bâtiment historique risque de connaître le même triste sort que celui de l’hôtel de ville de Curepipe », prévient Dinesh Ramphul.