Les experts en matière de commerce de plus d’une vingtaine de pays membres des trois blocs régionaux que sont le Comesa, la SADC et l’EAC se rencontrent en ce début de semaine à Lusaka pour discuter des avancées dans l’établissement d’une zone de libre échange tripartite. La délégation mauricienne à cette session de travail est dirigée par Assad Bhuglah, directeur du Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.
Il faut se rappeler que lors du premier sommet tripartite tenu en octobre 2008 à Kampala (Ouganda), les pays concernés avaient donné leur accord pour l’établissement rapide d’une zone de libre échange réunissant les trois blocs régionaux : le Comesa (Common Market for Eastern and Southern Africa), la SADC (Southern African Development Community) et l’EAC (Eastern African Community). Le deuxième sommet, qui a eu lieu en juin 2011 en Afrique du Sud, avait donné le coup d’envoi du processus de négociations concernant cette zone de libre échange.
La feuille de route pour arriver à un accord sur la création d’une telle zone comprend deux phases. La première est d’une durée de 36 mois (juin 2011-juin 2014) et avant que les pays concernées ne démarrent les négociations, il est prévu que les premiers six à douze mois soient consacrés à un travail préparatoire portant, entre autres, sur les règles de procédures, les attributions du comité tripartite, le format des négociations, l’échange d’informations. Les experts doivent consacrer la période restante aux négociations en profondeur afin de pouvoir les compléter d’ici juin 2014.
La seconde phase sera axée sur des négociations touchant des sujets liés au commerce, tels le commerce des services, les droits de propriété intellectuelle, le développement des échanges et la compétitivité. Le lancement de cette phase est prévu dès que la première sera complétée. Il est à noter que les négociations pour un accord tripartite de libre échange sont menées, d’une part, au niveau d’une structure sous-régionale (soit au sein de chaque bloc) et, d’autre part, à celui du Tripartite Trade Negotiation Forum (TTNF), qui regroupe les experts des trois blocs.
Les négociations au sein du TTNF couvrent les domaines tels la libéralisation tarifaire, les règles d’origine, les barrières non tarifaires, les questions techniques, les mesures sanitaires et phytosanitaires et le règlement des litiges. Le TTNF se concentre actuellement sur la préparation d’un cadre légal concernant un éventuel accord tripartite. Plusieurs pays participant aux négociations sont d’avis que la libéralisation tarifaire doit tenir compte des progrès déjà réalisés par les trois blocs régionaux alors que d’autres sont d’opinion qu’il faut recommencer le processus à zéro.
En procédant à l’ouverture de la réunion tripartite, le ministre zambien du Commerce Robert Sichinga a fait ressortir que bien avant la conclusion d’un accord tripartite, la voie à l’intégration des économies africaines a été ouverte. Il a soutenu que l’initiative des trois blocs est suivie de très près par des partenaires du développement multilatéral et bilatéral du fait qu’elle a une signification importante pour le développement économique du continent. « The Tripartite FTA will be a significant contributor to the realisation of the vision of creating a single economic space on the African continent as envisaged under the Lagos Plan of Action and the Abuja Treaty », a-t-il soutenu.
On apprend par ailleurs que les représentants de chacun des blocs économiques régionaux participant aux travaux de Lusaka ont décidé de coordonner leurs positions. Le secrétariat de la Commission de l’océan Indien (CoI) a souhaité que les représentants des Seychelles, des Comores, de Madagascar et de Maurice parlent d’une voix commune à cette réunion.