Dans le cadre du redressement de la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB), deux Top Targets ont été désignés de manière formelle. D’abord, l’homme d’affaires et patron de Fashion Style, Rakesh Gooljaury, ancien partenaire d’affaires de Nandanee Soornack, actuellement en résidence surveillée à Parme en Italie, pour le montant des emprunts de Rs 839 millions avec, en contrepartie, des garanties de seulement Rs 97 millions. Ensuite, l’ancien Chief Executive Officer de la MPCB Rajiv Beeharry-Panray pour sa complicité criminelle alléguée dans l’opération “Kokin” à la MPCB à la veille des élections générales du 10 décembre dernier. Si le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo a évité de citer nommément le premier en raison des dispositions du secret bancaire, en revanche, pour ce qui est de Rajiv Beeharry-Panray, proche de Navin Ramgoolam, il n’a pas manqué de citer la Bank of Mauritius Act pour s’appesantir sur le fait qu’il aura des comptes à rendre.
Comme annoncé dans l’édition du Mauricien d’hier, le gouvernement a entériné la décision de purger la MPCB des Toxic Assets d’un montant de Rs 1,7 milliard. En complément à cette opération, devenue nécessaire pour la survie de cette banque commerciale, les autorités ont pris la décision d’injecter Rs 500 millions de capitaux frais au sein de la MPCB. La Banque de Maurice se déclare disposée à ouvrir l’accès à des lignes de crédits pour cette banque. « Avec cette étape, la MPCB se positionne comme une des meilleures banques du pays pour ses clients. Ces derniers ne doivent entretenir aucune crainte pour leurs dépôts dans cette banque garantie par l’État. Ils ne courent aucun risque de fermeture », a déclaré le ministre des Finances lors d’un point de presse hier après-midi.
« Le gouvernement a été amené à proposer ce package en raison du montant élevé de “Non-Performing Loans”. Avec guvernman Ramgoolam, sous intervention politique au sommet de l’Etat, MPCB ine donne loans bann gros rekin ki nou kone deza. Sa bann loans-la li kapav fer bato buze ek li kapav kree ene destabilisasyon », a déclaré Vishnu Luchmeenaraidoo en citant le chiffre de Rs 1,7 milliard pour les Toxic Assets. De ce montant, des prêts de Rs 839 millions ont été alloués à un seul homme d’affaires, à savoir Rakesh Gooljaury, « véritable chouchou des politiques, peu importe la couleur ». Au total, 16 clients de la MPCB se trouvent dans  cette catégorie. Le ministre des Finances a concédé que les exigences de la Banque de Maurice imposaient à la MPCB le respect des ratios d’opération et que le moment était venu pour le gouvernement d’agir. « Nous avons assumé nos responsabilités en allégeant la MPCB de ce fardeau de Rs 1,7 milliard. We mean business. La MPCB peut repartir sur des bases plus solides. MPCB ine nettoye, ine prop » a-t-il poursuivi, en donnant la garantie de conserver leur emploi à presque tout le personnel, sauf ceux ayant commis des fautes. Ces Rs 1,7 milliard devront être transférées à la Banque de Développement, transformée en banque de recouvrement. Vishnu Lutchmeenaraidoo a annoncé que, dès lundi, une équipe d’hommes de loi, de comptables et de banquiers s’attèlera à la tâche pour élaborer un plan d’action pour récupérer ces emprunts. « Sa dimoune-la (il évite de citer nommément Rakesh Gooljaury), li pou bizin rembourse sou par sou sa ki line pran ek MPCB et nou pou assize ar li apartir lindi. » En ce qui concerne le cas de Rajiv Beeharry-Panray, des représentants du board de la MPCB devront se rendre au CCID pour consigner une déposition à charge sur la base du rapport des experts-comptables d’Ernst & Young pour initier une enquête au pénal avec, comme suspect principal Rajiv Beeharry-Panray. L’éventail des sujets d’enquêtes au Central CID sera ainsi élargi…