Nouveaux rebondissements à la Rights Management Society (RMS). Après la nomination d’un nouveau président en la personne de Michael Veeraragoo, le ministère des Arts et de la Culture a nommé deux autres membres. Il s’agit de Mohurlall Chummun, enseignant de musique indienne et de… Julien George, le président sortant. La nouvelle a eu l’effet d’une bombe dans le milieu car on ne comprend pas la logique du ministère derrière ce jeu de « musical chair ».
Le nouveau gouvernement en place en 2015 avait nommé Julien George, 22 ans et inconnu du monde artistique, comme président de la RMS. Selon les pouvoirs qui lui sont conférés sous la Copyright Act, le ministre avait également nommé Jean-Alain Résidu et Arno Calou, alias Rolo, tous deux auteurs-compositeurs. Avec ce renouvellement du conseil d’administration de la RMS, ces deux derniers sont donc écartés au profit de Mohurlall Chummun et Julien George. Si le premier est connu pour ses compétences dans l’enseignement de la musique indienne – ayant travaillé notamment au MIE, au MGI et au RTI –, on ne connaît cependant pas encore ses connaissances en droits d’auteur, comme le préconise la loi.
Quant à Julien George, il avait eu beaucoup de difficultés à s’imposer comme président. Toujours est-il qu’il a tenu presque trois ans. Après la nomination de Michael Veeraragoo la semaine dernière, personne ne s’attendait à ce qu’il fasse son retour au conseil d’administration. Pourtant, selon nos sources, Julien George laissait entendre depuis quelque temps qu’il souhaitait se retirer de la RMS. Ce jeu de « musical chair » est diversement commenté dans le milieu des artistes. « Si on a remplacé quelqu’un, c’est parce qu’on juge qu’il est inapte à assumer cette responsabilité. Mais voilà qu’on le nomme à nouveau. »
Sollicité sur la question, Jean-Alain Résidu, membre sortant du board, dit ne pas comprendre cette décision du ministère. « Retirer quelqu’un comme président pour le renommer comme membre… pour moi, cela n’a pas de sens. Les artistes devront peut-être réagir à ce sujet. » Ce dernier, qui a reçu sa lettre de remerciement du ministère alors que son contrat devait prendre fin en mars 2018, dit toutefois n’avoir aucun regret. « Personnellement, j’ai beaucoup travaillé pour défendre la cause des artistes sur ce board, malgré les critiques. Parfois même, je me suis retrouvé seul. J’en profite pour dire mon appréciation à tous les fonctionnaires sur ce board, qui ont souvent soutenu mes points en faveur des artistes. Je remercie également le ministre qui m’avait nommé. J’ai fait de mon mieux pour représenter les artistes sur ce board. »
Jean-Alain Résidu invite également le nouveau président et les nouveaux membres à prendre connaissance des “minutes” des réunions du précédent conseil d’administration. « Il y a eu des dossiers importants qui ont été soulevés et qui ne sont pas complétés. Je souhaite que le travail commencé ne soit pas interrompu. J’ai beaucoup de respect pour Michael Veeraragoo. J’ai appris qu’il sera le nouveau président, je lui souhaite de prendre cela en considération. »
La grande préoccupation des membres de la RMS actuellement est qu’il n’y a pas d’artiste au conseil d’administration. Même si Michael Veeraragoo est impliqué dans le monde musical, il est producteur. La Copyright Act 2014 prévoit une élection pour trois membres à siéger sur le board. Toutefois, l’exercice prévu dans ce sens en 2015 avait été contesté en cour par un membre, qui ne pouvait se porter candidat. La nouvelle équipe devra trouver une solution légale afin de pouvoir tenir une nouvelle élection désignant trois artistes au conseil d’administration.