Les représailles dont fait l’objet le comité régional de Rodrigues depuis plusieurs mois sont loin d’être terminées. C’est le cas de le dire après la réception d’un courriel de la Fédération mauricienne de Lutte (FML) en date du 12 novembre dernier et signé par Olivier Binette, secrétaire de la fédération. Parmi les conditions exigées, la FML réclame une somme de Rs 2 000 par club et précise que cette somme n’est pas remboursable au cas où la demande est rejetée. Tout simplement révoltant !
Le 11 novembre dernier, le secrétaire du comité régional de lutte de Rodrigues, Sandy Feuillande, écrivait à la FML pour demander l’affiliation des six clubs de l’île (Maréchal, Citron Donis, La Ferme, Mont Lubin, Grande Montagne et Baie-aux-Huîtres), cela après avoir obtenu le provisional certificate of recognition du ministère de la Jeunesse et des Sports. C’est toutefois avec stupéfaction que les dirigeants rodriguais ont pris connaissance des conditions qui leur sont imposées. Si les quatre premières conditions n’ont rien de surprenant, en revanche, les trois dernières sont tout simplement révoltantes et prouvent, si besoin est, la mauvaise foi de la FML à l’égard de la lutte rodriguaise.
Car il est demandé aux clubs de stipuler le jour, l’heure et l’endroit où sont tenues les séances d’entraînements. Pire encore, un certificat de caractère – moralité – ne dépassant pas les six derniers mois est exigée auprès des entraîneurs. De plus, chaque club aura à payer Rs 2 000 comme frais d’affiliation, une somme qui n’est cependant pas remboursable au cas où la demande est rejetée par la fédération ! Pour une île avec très peu de moyens, Rs 2 000 est cher payé par club surtout lorsqu’on sait que, de par la loi, la FML est un « non profit making organization ». Qui plus est, elle a obtenu un budget de Rs 600 000 auprès de l’Etat ! Cela fait que sa démarche est fortement à déplorer, d’autant qu’aucune des fédérations locales n’exigent pareille somme à ses clubs pour se faire affilier. Sans compter que les Rs 2 000 ne sont pas remboursable en cas de rejet. Si ce n’est pas de la méchanceté, alors cela lui ressemble étrangement.
La question que l’on se pose est de savoir si les règlements de la FML font état de ces fameuses conditions ? Ou est-ce qu’elles sont applicables au comité régional de Rodrigues uniquement ? Selon nos informations, ces conditions n’existeraient pas, confirmant si besoin est le manque de sportivité de cette fédération à l’égard de ce comité régional. Pour preuve encore, le comité régional avait payé une somme de Rs 500, en février 2013, représentant les frais d’affiliation, et Rs 1 400 pour le renouvellement des licences. Or, cette fois, un total de Rs 12 000 devra être déboursé pour l’affiliation des six clubs ! Avouez qu’il y a de quoi se poser des questions sur les réelles motivations de la FML.
La FML se croit-elle plus royaliste que le roi ? Pour certains oui. Car à bien voir les choses, certains à la FML se croient tout permis. Et les exemples ne manquent pas. Il y a eu la « destitution » de l’entraîneur national Alec Albert et les suspensions exagérées de la présidente du comité régional Clarmène Roussety et de la lutteuse Joyce Milazar. Lasse des injustices dont fait l’objet la lutte rodriguaise, cette dernière a préféré mettre un terme à sa carrière, cette année. Cela même si les suspensions ont été levées contre la signature d’un document !
 Sans oublier la décision de la FML de ne pas reconnaître les élections de fin 2012, puis celles de février dernier. Maintenant que les clubs sont reconnus par le MJS, la FML trouve toujours moyen à faire la difficile. Est-ce bien cela la vision de cette fédération dans sa quête à promouvoir cette discipline ?  Dans un souci de transparence et de fair-play, nous pensons qu’il est plus que temps que les autorités concernées s’attardent sérieusement sur les agissements de M. Papie et de ses membres.