Après un peu plus de trois semaines, le Comité olympique international (CIO), par la voix de Jérôme Poivey, Head of Institutional Relations and Governance du Relations Department, a enfin répondu. Le demande du Mouvement sportif rodriguais (MSR) pour la reconnaissance d’un Comité régional olympique sportif (CROS) ne peut se faire sans l’aval du comité olympique mauricien (COM). Déçu, le président du MSR, Daniel André, ne s’avoue toutefois pas vaincu.
La nouvelle est tombée lundi. Trois semaines après avoir écrit au CIO, suivie tard dans la soirée de samedi dernier de l’envoi d’une copie au COM, le Mouvement sportif rodriguais est finalement informé de la situation. Dans sa réoponse, Jérôme Poivey a expliqué que la demande rodriguaise relève de la compétence directe et exclusive du COM qui, a-t-il souligné, « exerce sa mission et sa juridiction sur l’ensemble du territoire mauricien dans le cadre de la Charte olympique, de ses statuts et l’organisation générale du sport à Maurice. »
Jérôme Poivey a ajouté que la mise en place de structures « olympiques » décentralisés « ne peut en aucun cas se faire sans l’aval et le contrôle du Comité National Olympique qui est par ailleurs responsable du contrôle et de la protection du terme « olympique » et de l’ensemble des priorités olympiques dans le pays, conformément à la Charte olympique. » Jérôme Poivey demande ainsi aux Rodriguais de respecter les décisions du COM et ajoute que cela ne les empêchent pas de dialoguer et de travailler étroitement avec le COM, afin de contribuer, à leur niveau et de manière constructive, au développement du sport et des athlètes, dans le respect, des prérogatives et des compétences de chacun. 
Pour Daniel André, c’est une grosse déception pour ses membres et lui, aussi bien que pour la communauté sportive de l’île. « Nous respectons la décision du CIO. A aucun moment toutefois, le CIO ne répond à la question de savoir si nous avons le droit d’avoir un CROS », a-t-il fait ressortir. Après avoir rencontré ses membres lors de la semaine écoulée, Daniel André a indiqué que la décision a été prise pour écrire, à nouveau, au CIO afin de faire part de leur déception et aussi pour avoir une réponse sur la possibilité d’avoir un CROS à Rodrigues.
Entre-temps, des contacts seront renoués avec le COM, car pour le MSR, l’idée est de mener à bout cette mission. « L’idée d’avoir un CROS est-elle morte ? Pour l’heure, je ne peux me prononcer sur cette question, puisque nous entamerons bientôt d’autres démarches. Ce qui est sûr, c’est que le combat continue. Depuis la mise en place de notre mouvement en avril dernier, nous avons agi très diplomatiquement et nous continuerons à militer dans le même sens », a-t-il fait remarquer. Hormis le COM, des contacts seront aussi établis avec le ministère de la Jeunesse et des Sports.
Car, a-t-il souligné, l’athlète rodriguais, qui fait partie intégrante de la République de Maurice, doit pouvoir aussi bénéficier des mêmes facilités que ceux résidant à Maurice. « C’est un fait que le sport rodriguais est le parent pauvre du sport mauricien. Ce n’est pas une nouveauté et tout le monde le sait. Pourtant, ce n’est pas le talent et le potentiel qui manquent à Rodrigues. Et cela, ils sont d’ailleurs nombreux à le reconnaître », a-t-il déclaré.  
Daniel André a indiqué qu’il est grand temps que le sportif rodriguais soit considéré à sa juste valeur, d’où la démarche de mettre en place un CROS. Lors des discussions à venir avec le COM et le MJS, Daniel André a souhaité que des solutions concrètes soient trouvées, afin de voir dans quelle mesure réduire, au maximum, le fossé qui existe entre le sportif rodriguais et le sportif mauricien. « Il est un fait que le Rodriguais, lorsqu’il représente Maurice à une compétition, ne bénéficie pas des mêmes facilités que le Mauricien. Ce qui lui aurait permis de réaliser de grosses performances et de défendre dignement les couleurs mauriciennes », a-t-il expliqué.