Nouvel épisode qui a causé « énormément de soucis » aux officiers du Rehabilitation Youth Centre (RYC) Girls, ce week-end. En effet, dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 août, « les 27 détenues qui se trouvaient au centre ont fait un raffut terrible, obligeant les deux officiers qui étaient de garde à les refouler à l’intérieur, et bloquant ainsi la sortie vers l’extérieur », témoignent des officiers de ce service, au nom de ceux qui étaient de garde ce soir-là.
« La situation s’aggrave… Ces jeunes filles deviennent de plus en plus incontrôlables et n’hésitent pas à s’exhiber en toute petite tenue devant les policiers quand ceux-ci débarquent pour remettre l’ordre. » Se disant « lassés de cette détérioration graduelle et inquiétante », ces officiers en appellent au ministère de tutelle, soit celui de la Sécurité sociale, « pour une réaction réfléchie et efficace. » Ce matin, la ministre Sheila Bappoo a d’ailleurs effectué une visite au RYC de Beau-Bassin.
« Les dernières frasques des détenues du RYC (Girls) dépassent notre entendement », déclarent, remontés et épuisés, des officiers de ce centre de détention et de réhabilitation. « Plus les jours passent, plus la situation se dégrade… Qui plus est, nous avons une hiérarchie qui ne communique pas les informations réelles au ministère de la Sécurité sociale, qui, par incidence, ne nous accorde pas l’attention requise et nous craignons que cette situation n’empire ».
Après plusieurs fugues depuis le début de cette année, ajoutent encore nos interlocuteurs, « ce petit groupe de détenues qui sème la zizanie parmi le reste a trouvé une nouvelle parade : aster, zot aval bout bout vitre… Lerla, bizin transfer zot lopital pou soigne zot, ek se nou, ofisye, ki gayn plis problem akoz nou bann responsabilite ogmente… » Déjà qu’ils sont « en sous-effectif », font-ils encore remarquer.
La goutte qui a fait déborder le vase est survenue samedi 23, aux alentours de 19 h 30 : « Un groupe de filles, parmi lequel se trouvent celles qui avaient fugué récemment, a commencé à se chahuter et faire du tapage à l’étage… » 27 détenues sur les 30 actuellement recensées au RYC (Girls) se trouvent dans le centre, « deux étant à l’hôpital pour avoir avalé des morceaux de vitres et une étant en home leave ». Deux officiers étaient de garde pour la nuit, « et là encore, nous souhaitons attirer l’attention de la ministre Bappoo, car selon nos Standing Orders, ce sont soit un P. O (qui est un officier qualifié), soit un Grade 1 Officer qui sont habilités à ce genre de duty. Or, ce samedi, c’est un Junior Officer qui a pris la charge nocturne… »
Quand la situation a viré au vinaigre, « les deux officiers qui étaient présents ont réagi très rapidement », ajoutent nos interlocuteurs. « Ils ont eu la présence d’esprit, alors que les filles saccageaient les portes et les vitres des différents wards, de les retrancher à l’intérieur, leur bloquant ainsi l’accès vers l’extérieur. » L’alerte est donnée : « Ils ont fait appel à la police de Barkly, qui est la plus proche. Mais des renforts ont aussi été réclamés à l’Information Room des Casernes… Au final, presque une heure après, les PSS étaient les premiers arrivés sur les lieux. »
Mais soutiennent ces officiers, « malgré le fait que l’on ait informé les responsables du ministère de la situation et que certains sont même venus sur place se rendre compte, entre-temps, ils n’ont pas donné le feu vert requis aux policiers présents pour forcer l’entrée ! Résultat : PSS, policiers et autres ont dû « tuer » le temps… » Cette situation a duré « toute la soirée et une grande partie de la nuit », soutiennent encore nos interlocuteurs.