Les analystes financiers certifiés regroupés au sein de la CFASM (Chartered Financial Analysts Society Mauritius) sont disposés à collaborer avec les régulateurs du secteur des services financiers local dans le cadre de leurs travaux en vue du renforcement du cadre réglementaire pour une meilleure prévention des risques dans le secteur en question.
Dans un communiqué émis à cet effet, la CFASM explique que sa démarche fait suite aux scandales qui ont éclaboussé récemment le marché financier de Londres et portant sur la manipulation du LIBOR (London inter-bank offered rate), taux auquel les banques se réfèrent pour les prêts interbancaires. Les membres de la CFASM veulent eux-mêmes décrypter le mécanisme ayant entraîné la manipulation du taux de référence afin de renforcer les dispositifs de l’analyse des risques, exercice qui, précisent-ils, est leur coeur de métier. « Nous voulons trouver les clés du scandale du Libor », indique la CFASM.
Celle-ci va s’appuyer sur les recherches menées par le CFA Institute dont la CFASM est membre. Le CFA Institute a mis en place un conseil de risque systémique pour aider les régulateurs à progresser efficacement et résolument sur les profondes réformes annoncées après la crise de 2008. « Des rapports montrent que certaines banques centrales, elles-mêmes, ont pu encourager les banques commerciales à établir à leur avantage le taux de fixation du Libor », fait ressortir James Benoît, président de CFASM, citant Kurt Schacht, directeur de Standards and Financial Market Integrity du CFA Institute. D’où la démarche du CFA Institute d’instituer ce « Sytemic Risk Council » afin de les aider à mieux prévenir les manquements en matière de gestion des risques.
« À Maurice aussi, nous voulons comprendre ce qui s’est passé, et surtout ce qui s’est mal passé, en vue d’une meilleure définition des politiques ainsi qu’une application des règles plus efficace », ajoute le président de CFASM.
Le CFA Institute a nommé Sheila Blair à la tête du Systemic Risk Council. Ancienne présidente de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) des États-Unis, elle fera équipe avec l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker, en vue d’accélérer les réformes. « Il incombe aux régulateurs, et non aux banques, d’instaurer les règles, et celles-ci se doivent d’être claires, simples et faciles à appliquer », souligne-t-elle.