L’état de santé des détenteurs de police d’assurance de la défunte BAI, et qui ont entamé une grève de la faim, se détériore. En ce treizième jour de grève au Jardin de la Compagnie, deux grévistes ont dû être transportés d’urgence à l’hôpital Jeetoo par des volontaires, le SAMU arrivant une heure après avoir été sollicité.
« Nous lançons un appel aux autorités concernées afin qu’elles mettent une ambulance à disposition, car nous arrivons au 13e jour de grève de la faim; et la santé des grévistes se détériore », martèle le Dr Maharajah Madhewoo, présent hier auprès des grévistes de la faim, anciens détenteurs de police d’assurance de la défunte BAI. Un dénommé Eric, dont l’état de santé est jugé critique, a dû être transporté à l’hôpital sur son matelas par des bénévoles. Tandis que Mme Sookhun, une femme âgée d’une soixantaine d’années, a été emmenée à l’hôpital en voiture toujours par un volontaire.
Ce n’est qu’une heure après les premiers coups de fil du Dr Madhewoo que les urgentistes ont débarqué au Jardin de la Compagnie. Une heure après que les malades ont été transportés à l’hôpital Jeetoo en catastrophe. Une situation jugée inacceptable par les volontaires et grévistes qui ne cachent pas leur colère. « La situation s’aggrave de jour en jour, de minute en minute, de seconde en seconde. Je m’inquiète pour la santé de ces personnes », affirme le Dr Maharajah Madhewoo. « Certains font une baisse de tension allant jusqu’à 7, 5/5 », ajoute-t-il, en déplorant par là même le manque d’aide des autorités et l’absence d’ambulance sur place aux côtés des grévistes. « On a dû emmener un des malades à pied, car je ne pouvais autoriser en mon état de médecin, que cette personne soit transportée en voiture. Si elle avait fait un arrêt cardiaque, il aurait été difficile de la réanimer dans les plus brefs délais, et ce en voiture », indique le Dr Madhewoo, qui a aussi été aux côtés des grévistes de Belle-Vue-Maurel et de Bonne-Terre.
« C’est la deuxième fois que l’hôpital Jeetoo faillit à son rôle de nous faire parvenir une ambulance, malgré la lettre que nous leur avons adressée. La première fois, ce sont les pompiers qui ont dû transporter les grévistes, et cette fois-ci ce sont des volontaires », fustige une des volontaires présentes. Azam Rujubali, un des protestataires, est furieux, « j’ai appelé à plusieurs reprises le SAMU et, quand nous sommes arrivés à l’hôpital, il y avait trois ambulances en stand-by, sans aucun chauffeur disponible. C’est inadmissible ! », fustige-t-il.
« Je donne un avertissement au niveau médical car l’État ne prend pas les dispositions nécessaires pour encadrer les grévistes. Faut-il y avoir mort d’homme pour que les autorités agissent promptement?? », questionne le Dr Madhewoo. « Il faut mettre à disposition des grévistes un service médical sur place à Port-Louis et à Belle-Vue-Maurel », soutient-il. Le médecin tire la sonnette d’alarme. « À partir de 15 heures, on nous a fait comprendre, du côté des urgentistes de l’hôpital Jeetoo, qu’il n’y a qu’une seule ambulance pour la région de Port-Louis. C’est ahurissant pour un État providence comme le nôtre », lance le médecin.
Salim Muthy est, lui, assis sur son lit, affaibli. Dans un point de presse, il déplore la manière de procéder du SAMU et de l’hôpital Jeetoo, qui « n’ont pas agi promptement » pour venir en aide aux deux grévistes malades. Il est par ailleurs revenu sur « le manque de communication directe avec le Premier ministre depuis la rencontre du 14 mai ». Et d’ajouter : « Nous avons adressé une lettre au bureau du Premier ministre ce matin (ndlr : vendredi matin) et avons proposé une troisième solution pour rembourser les victimes de la Bramer Asset Management ». Salim Muthy attend la réponse du Premier ministre aujourd’hui et espère que leur proposition sera prise en considération. « 25% cette année, 25% l’année prochaine et les 30% restants l’année suivante. C’est tout ce que nous demandons », dit-il.
Il est à noter qu’aujourd’hui se tiendra un Candle Light à 19 heures au Jardin de la Compagnie. Les membres du public sont invités à y participer pour témoigner de leur soutien.