• Peu de changements prévus l’année prochaine par le ministère alors qu’environ 300 à 400 enseignants réclament les formulaires de demande de transfert

Les “internal exams” de fin d’année pour les Grades 7-10/Lower VI, qui débutent la semaine prochaine dans le secondaire d’Etat, annoncent la fin de l’année scolaire 2019. Environ 300 à 400 enseignants de ce secteur attendant un transfert pour l’année prochaine sont mécontents de n’avoir pas encore reçu les formulaires de demande dans cette direction, d’habitude disponibles dans les écoles au début du troisième trimestre. Selon les informations glanées par Le Mauricien, le ministère ne compte pas l’année prochaine procéder à un grand exercice de transferts, comme elle le fait d’habitude chaque année en raison, explique-t-on, de l’introduction du système d’Academy (Grades 10-13/Form IV- Upper VI).

Les conversations dans les “staff rooms” des collèges d’Etat en cette fin d’année scolaire tournent autour de l’exercice de transfert annuel. Les enseignants ne comprennent pas pourquoi le ministère tarde à distribuer les formulaires relatifs à cet exercice, comme le veut la procédure. « Nous recevons beaucoup d’appels chaque jour de nos membres au sujet de ces formulaires de demandes de transferts, qui n’ont pas encore été distribués. D’habitude, ces formulaires sont disponibles au début du troisième trimestre scolaire », dit Yugeshwar Kisto, le président de la Government Secondary Schools Teachers Union (GSSTU). Selon ce dernier, un bon nombre d’enseignants ayant passé plus de six ans dans l’école où ils sont affectés souhaitent un nouveau “posting” l’an prochain et ces personnes sont impatientes de remplir le formulaire de demande.

« Nos membres craignent un manque de transparence dans le prochain exercice de transfert et des risques d’ingérence de certaines personnes alors qu’il y a des procédures bien établies depuis plusieurs années », souligne Yugeshwar Kisto. Les dirigeants de la fédération d’enseignants du secondaire d’Etat avouent que l’exercice de transfert annuel est « délicat et donne lieu chaque année à beaucoup de remous » dans les écoles. D’où la mise en place depuis quelques années d’un Transfert Committee comprenant les représentants syndicaux et les responsables du ministère pour discuter des cas de transferts selon des critères bien établis.

Selon les dirigeants de la GSSTU et de l’Education Officers Union (EOU), ce Transfer Committee vise la transparence dans la répartition des écoles pour ceux devant être mutés. « En principe, ce sont seulement les personnes dont les noms figurent sur la liste avalisée par le Transfert Committee qui changent d’école. Mais il n’est pas rare que cette liste soit amendée derrière le dos des syndicats. Et cette situation donne lieu à beaucoup de frustrations », raconte un dirigeant syndical.

Dans les milieux du ministère, certains affirment que les syndicats ont été informés il y a environ trois semaines lors d’une réunion qu’il n’y aurait pas de « grand exercice de transferts » pour l’année scolaire 2020 en raison des préparatifs pour l’entrée en vigueur des Academies, en 2021. « Le directeur des Ressources humaines a expliqué lors de cette réunion les raisons de la décision du ministère de ne pas entreprendre d’exercice de transfert global. Le ministère ne veut pas de chamboulement durant l’année de transition vers les Académies et a dit que les transferts se feront uniquement en cas d’urgence et s’il y a de cas de personnel surnuméraire dans certaines écoles », dit un participant de cette réunion.

Les syndicats insistent toutefois sur l’importance de la distribution des formulaires de transfert et de la tenue des réunions du Transfer Committee, même si le ministère ne prévoit pas de transfert massif pour l’année prochaine. « Le ministère doit clarifier le terme“en cas d’urgence” afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de favoritisme. Il est bon aussi de connaître le nombre de demandes de transferts. Les enseignants qui souhaitent un transfert pour l’année prochaine craignent un “posting” dans les régions éloignées ou dans des écoles réputées difficiles », disent des responsables syndicaux. Soulignons qu’il y a actuellement à travers le pays 63 collèges d’État et que 11 d’entre eux deviendront des Academies en 2021.

Par ailleurs, des chefs d’établissement du secondaire d’Etat et du privé soulignent en cette fin d’année le « silence » du ministère au sujet du recrutement d’une trentaine de Discipline Masters, une annonce faite dans le discours du budget 2019-2020. « Où en est-on avec ce projet ? » demandent ainsi plusieurs recteurs.