Afin de tester l’efficacité du National Civil Aviation Security Contingency Plan et de l’Aerodrome Emergency Plan en situation d’urgence, une simulation de crash d’avion s’est déroulée entre 10 heures et 13 heures, hier, dans les parages de la propriété sucrière de Rose Belle, près de Feeder Bambous. Une initiative du National Disaster Risk Reduction Management Centre et des services de police.
L’objectif de cet exercice était d’évaluer le niveau de préparation et l’efficacité des institutions civiles et des divers intervenants lors de telles situations de crise, afin de mieux identifier les points forts et faibles du National Civil Aviation Contingency Plan lors d’un crash aérien sur le sol mauricien. Ainsi, une mise en scène avec la participation d’environ 450 personnes a été élaborée dans les moindres détails. Le scénario : un Airbus bimoteur A319 en provenance de l’île de La Réunion avec 70 passagers à bord, dont cinq membres d’équipage, s’est écrasé dans les parages de la propriété sucrière de Rose Belle, à 10 h 13. Notons que c’est la première fois qu’un tel exercice se déroule hors de l’enceinte de l’aéroport SSR. Selon Anerood Sookhareea, du National Disaster Risk Reduction and Management Centre, suite à cette catastrophe, la tour de contrôle devait aussitôt alerter les services de police et les sapeurs-pompiers pour une intervention sur le site.
Une fois l’alerte donnée, il aura fallu aux pompiers une dizaine de minutes pour arriver sur les lieux, suivis des effectifs de la police et des urgentistes du Jawaharlal Nehru Hospital. Les premiers policiers arrivés sur les lieux ont été ceux affectés à Rose-Belle, Mahébourg et Curepipe. Par ailleurs, un important effectif des soldats du feu a été déployé, équipés de deux camions-citernes, pour maîtriser les flammes. Les services de la Special Mobile Force ont également été sollicités pour aider au sauvetage des blessés. L’objectif étant de sauver le maximum de vies humaines, en situation réelle, l’assistance des secouristes de la Croix Rouge et du personnel de l’hôpital du Nord ont également été requis.
La mise en scène aura voulu que les passagers aient été projetés sur une certaine distance, ce qui aura contraint la police à boucler le périmètre. Après que les éléments de la SMF ont transporté les premiers passagers repérés, ceux-ci ont été pris en charge par les premiers secours, dont la première tâche était de les répartir selon l’intensité de leurs blessures. Ainsi, les “casualties” constatés devaient être prioritairement conduits à l’hôpital le plus proche par le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) qui, faute de main-d’oeuvre en nombre suffisant, devait solliciter l’aide de la SMF pour le transport. Entre-temps, les autres blessés recevaient les premiers soins sur place. Par ailleurs, des hélicoptères de la police, avec les membres du Groupe d’intervention de la police mauricienne (GIPM) à bord, ont été utilisés afin de survoler le périmètre pour retracer les passagers manquant à l’appel. Au terme de cet exercice de simulation, qui aura duré près de trois heures, le bilan était de 10 morts et de 31 blessés, dont 19 graves.
L’exercice a nécessité une déviation routière pour faciliter l’entrée et la sortie des véhicules sur le site. L’opération a été évaluée par plusieurs observateurs, dont des représentants américains, mais également par des cadres du Central Criminal Investigation Department (CCID), entre autres. Ils seront chargés de rédiger un rapport et d’identifier les faiblesses des différentes institutions sollicitées.