Son histoire aurait pu être un cas d’école, de celui de ses enfants d’origine modeste qui, à force de patience et de persévérence, s’est frayé un chemin, celui de la réussite. Serge Petit avait jusqu’ici plutôt une bonne réputation mais la politique est visiblement passée par là et, jeudi, il a fauté et c’est son image qui a pris en sale coup avec les conséquences que l’on sait. On réclame sa tête ici et là.
Parcours fort intéressant que celui de ce cadre. Serge Petit a fait des études d’ingénieur en Écosse, une formation qu’il a complétée avec des spécialisations en économie et en administration. A son retour au pays, il prend de l’emploi comme ingénieur à la Central Water Authority. Il y reste pendant cinq ans avant d’aller travaillser comme Investment Manager à la State Investment Corporation.
Après neuf ans à la compagnie d’investissements d’État, il devient le directeur de la National Housing Development Company Ltd en 1996.
Il démissionne de ce poste en août 2000 pour se porter candidat sous la bannière du Parti travailliste aux élections générales du 11 septembre 2000. Il se présente au No 14, Savanne/Rivière Noire aux côtés de Sheila Bappoo et Parmanand Brizmohun. Ils sont battus à plate couture.
Après cette première expérience politique malheureuse, Serge Petit s’en va même sous d’autres cieux. Très loin, au Canada où il exerce comme International Project Manager pendant neuf ans. Le Premier ministre décide de faire appel à lui en 2009 après les graves dissensions enregistrées à Airports of Mauritius Ltd entre Dan Maraye, le directeur et Roshan Seetohul, un proche de Xavier Duval et qui avaient poussé Navin Ramgoolam à les renvoyer tous les deux.C’est après 20 longs mois de vacance à la direction de l’administration de l’aéroport que le Premier ministre nomme Pazhany Rengasamy et Serge Petit président et directeur d’AML.
Considérant qu’il a un rayonnement dans la région aéroportuaire, Navin Ramgoolam envisage même à un moment lui offrir une investiture au No 12, Mahébourg/Plaine Magnien aux élections générales de mai 2010. Mais, confronté à un casse tête de répartition de tickets avec l’arrivée du MSM dans une nouvelle alliance, pas sociale mais « de l’avenir », le leader du PTr est forcé d’octroyer le ticket de Richard Duval, écarté pour avoir sollicité le PMO pour un traitement VIP en faveur de la passeuse de Subutex Cindy Legallant, à un autre membre de l’écurie bleue, Thierry Henry.
Serge Petit reste à la tête d’AML, reste discret jusquau jeudi 17 janvier. En organisant une soi-disant réplique aux dénonciations sur ce qui se trame à l’aéroport, il s’est considérablement fourvoyé!