« Les infirmiers ne sont pas des paillassons ». C’est en ces termes que la Nursing Association (NA) a tenu à dénoncer une « certaine mentalité » qui prévaut, selon elle, dans les hôpitaux publics. Bagooaduth Kalooa, président du syndicat, soutient que les médecins bénéficient de certains privilèges, alors que les infirmiers et les health care assistants travaillent dans des conditions très difficiles.
Le président de la NA cite en exemple le nouveau bloc de l’hôpital de Flacq qui « ne comprend même pas une salle de bain pour les infirmiers et les domestiques qui doivent parfois faire deux à trois shifts d’affilée. » En revanche, poursuit-il, chaque médecin a « une chambre personnelle qu’il garde sous clé. »
Cette même situation existe dans d’autres hôpitaux de l’île. Aux nouvelles urgences de l’hôpital du Nord, par exemple, « les record officers ont un bureau sécurisé, alors qu’aucun endroit n’est prévu pour les infirmiers faisant le customer care. » Après protestation de la Nursing Association, « un espace clôturé avec du plywood a été aménagé pour cela. »
Bagooaduth Kallooa dit avoir soulevé ces questions dans une réunion récemment et un médecin responsable d’un hôpital du Sud lui aurait répondu : « Dokter res dokter, infirmie rest infirmie. »
Le président de la Nursing Association dit déplorer cette mentalité qui considère les infirmiers comme étant inférieurs. Il rappelle la déclaration du Premier ministre lors de l’inauguration d’une mediclinic à Plaine-Verte récemment, selon laquelle les infirmiers sont les maillons forts du service hospitalier.
La Nursing Association souhaite que de tels abus de la part des responsables des hôpitaux soient condamnés et que les infirmiers puissent être considérés avec dignité dans leur travail.