Le MSM revient à la charge avec ses dénonciations à l’encontre de l’Eastern Institute and Integrated Learning Management (EIILM) Mauritius Branch Campus. Accordant la majeure partie de sa conférence de presse, hier au Sun Trust, à l’historique de l’implantation de l’université des Jeetah à Maurice, Pravind Jugnauth estime que “lotorité ti bizin deregister EIILM University sur le champ”. Il estime également que EIILM Mauritius Branch Campus doit rembourser les étudiants qui ont été victimes de cette université dont les diplômes ne seraient pas reconnus ailleurs. Pour le leader du MSM, qui réclame de même la démission du ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah, le gouvernement doit trouver une solution pour ces étudiants.
Le temps a fini par donner raison au MSM, estime Pravind Jugnauth. D’emblée, il rappelle que depuis 2007, son parti a fait une série de dénonciations contre l’implantation de l’EIILM University à Ebène. Le MSM, dit-il, a plusieurs fois mis en garde contre “l’énorme escroquerie dans le tertiaire que représente l’EIILM qui s’est implantée à Maurice et opère avec le backing du gouvernement”. Citant les prises de position du secrétaire général du MSM Nando Bodha qui est venu de l’avant, depuis 2007, documents à l’appui, au Parlement, entre autres, pour démontrer que l’EIILM University n’avait pas le droit de s’implanter à Maurice, Pravind Jugnauth dit que le MSM avait mis la population en garde. À l’époque, l’University Grant Commission (UGC), l’instance suprême de l’Inde responsable de la reconnaissance des universités indiennes, avait expliqué les raisons selon lesquelles l’EIILM ne pouvait s’implanter à l’étranger. Il soutient également que depuis 2007, la Tertiary Education Commission (TEC), tenant compte de la section 12 B (ii) du TEC Act n’aurait jamais dû avoir accepté la demande des Jeetah pour l’implantation de EILM University à Maurice car l’institution tertiaire n’était pas encore reconnue comme une université en Inde. D’où l’insistance du MSM que le TEC ACT n’aurait pas été respecté. Et de rappeler qu’à l’époque déjà, les Jeetah qui avaient appâté les étudiants mauriciens avec une publicité entourant leur université sous le nom de EIILM University avait dû faire marche arrière pour nommer leur établissement “EILM University Mauritius Branch Campus”.
Désaveu pour le gouvernement
Pravind Jugnauth évoque également les propos de l’ancien ministre du Tertiaire Dharam Gokhool à l’effet qu’il y a eu des pressions pour que la demande des Jeetah soit acceptée par la TEC. Le leader du MSM accuse dès lors le Premier ministre Navin Ramgoolam, qui a procédé à l’inauguration de l’établissement des Jeetah, de complicité. Pour Pravind Jugnauth, le bureau du Premier ministre n’a pas fait son travail de vérifier que cette institution opérait dans la légalité. Il revient également sur les correspondances échangées entre l’UGC et le board du TEC, faisant état d’une lettre de l’UGC en 2007 dans laquelle l’instance régulatrice indienne dit ne pas reconnaître l’EIILM University et que cette université indienne n’a pas le droit d’ouvrir de branche à l’étranger. “Est-ce que les membres du board été mis au courant de cette lettre à la TEC ?”, s’interroge Pravind Jugnauth, réclamant des éclaircissements quant aux décisions qui ont été prises si toutefois les membres du board ont effectivement pris connaissance de cette lettre. Le leader du MSM dit aussi être au courant que les membres du board de la TEC ont pris connaissance d’une conversation téléphonique entre un préposé du ministère des Ressources humaines avec la TEC pour confirmer le feu vert de l’Inde pour l’implantation de EIILM University à Maurice. “Ceci est choquant”, estime Pravind Jugnauth faisant ressortir que parallèlement, l’instance régulatrice indienne, elle, n’avait pas donné son accord.
Pour le MSM, la public notice de UGC en date du 27 juin 2013 est un désaveu cinglant au gouvernement qui maintient que l’autorisation de l’instance régulatrice de l’Inde n’est pas nécessaire pour que les universités indiennes opèrent des branches à Maurice. Et Pravind Jugnauth de déplorer les cours de Foundation proposés gratuitement par la famille Jeetah. “L’EIILM University n’est pas le seul cas qui démontre le niveau de pourriture atteint dans l’éducation à Maurice, même jusqu’au tertiaire”, dit-il. Il cite en exemple le calvaire des étudiants mauriciens, népalais et indiens, entre autres, victimes d’arnaques et d’escroqueries. Pour le leader du MSM, “tout cela porte atteinte à l’image du pays, plus particulièrement lorsqu’on se targue de devenir un knowledge hub”. Selon lui “gouvernema pa soutenir la mafia dans l’éducation”.
Hausse du tarif de l’eau : “C’est le peuple qui paye pour l’incompétence”
Dans un deuxième volet, Pravind Jugnauth a abordé la hausse dramatique du coût de la vie. Citant la hausse du prix du ticket d’autobus, il fait ressortir que c’est le peuple qui paye pour l’incompétence du gouvernement qui a mené la CNT à la faillite. Le leader du MSM déplore de même l’éventuelle hausse du tarif de l’eau avancée par le Deputy Prime Minister et ministre des Utilités Publiques Rashid Beebeejaun. S’insurgeant qu’année après année les autorités reviennent avec les mêmes excuses – en l’occurrence la sécheresse, en dépit des pluies abondantes qui ont arrosé l’île – pour expliquer la pénurie d’eau, le leader du MSM rappelle qu’en contrepartie, malgré la hausse apportée au tarif de l’eau en 2012, le service ne s’est pas amélioré et les infrastructures pour desservir la population n’ont pas été revues. Il profite pour déplorer la taxe imposée sur les produits électroménagers, estimant que les autorités sont en train de faire de sorte que ceux au plus bas de l’échelle ne puissent acquérir ce type de produits autrefois considérés comme des produits de luxe mais qui sont aujourd’hui des nécessités dans la vie courante.
“Méfiance et hostilité au sein du gouvernement”
Le MSM observe, par ailleurs, que la méfiance et l’hostilité se sont installées au sein du gouvernement. Selon Pravind Jugnauth, une véritable pagaille règne au sein de la majorité où chacun tire dans la patte de l’autre. “Na pena l’esprit d’équipe”, dit-il, soulignant que “le PM pe affaibli de jour en jour avec les scandales”. Le leader du MSM cite plusieurs exemples démontrant la discordance au sein de l’alliance gouvernementale, dont les propos d’Anil Baichoo qui prend à contre-pied le président du PTr Patrick Assirvaden qui estime, pour sa part, que le chauffeur et le receveur du bus impliqués dans l’accident de Sorèze ne peuvent être tenus responsables. Outre Reza Issack, qui a émis plusieurs commentaires dernièrement à l’encontre “des ministres incompétents”, le leader du MSM cite Arvin Boolell qui ne serait pas sur la même longueur d’onde que Satish Faugoo. Il ne manque pas de souligner “les humiliations systématiques subies par le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier Duval par le PM lui-même”. Selon Pravind Jugnauth, les relations entre le PTr et le PMSD sont loin d’être au beau fixe. Il suggère à Xavier Duval de s’enquérir des commentaires du PM à son égard dans la société pour réaliser le mépris avec lequel, selon lui, le chef du gouvernement traite son partenaire du PMSD. S’il dit ignorer “pour combien de temps encore l’alliance PTr-PMSD pou continn sa colmataz la”, le leader du MSM dit être au courant du profond malaise qui existe entre ces deux partis.
Interrogé par Week-End sur le nouvel intérêt que semble porter le Remake 2000 au sort du PMSD et de Xavier Duval principalement, Pravind Jugnauth s’en défend soutenant que c’est l’avenir du pays qui interpelle le Remake. “Pou enn gouvernma kapav fer face à la situation difficile sur le plan economik ek sur le plan social ki extrêmement sérieux, li bizin enn lekip solidaire”, dit-il. Et d’ajouter que, “kan nou trouv ki entre bann bizin sakenn pe tir lor so camarad et ki entre deux partis la zot couma dir entre chien et chat, ena kestion pou poser”. En ce qu’il s’agit des propos de Patrick Assirvaden pour qui “le Remake 2000 est fragile et qu’une alliance PTr-MMM serait le cauchemar de SAJ”, Pravind Jugnauth s’appuie sur les éclaircissements apportés en début de semaine par Paul Bérenger. Il fait ressortir que “ce sont des commentaires vides. Nou dan enn Remake et nou conné ki lan nou pran enn semin ce pour aler de l’avant. Nou consistant dans ceki nou fer”. Et de soutenir que “le voeu de la population est que le Remake se présente comme une alternance. La population veut que Paul Bérenger et SAJ dirigent le pays”.