Le contact avec les clients, la vie au large, la liberté, l’amour de l’océan mais surtout faire un métier qui ne nécessite pas de qualifications élevées, tels sont les facteurs qui sont mis en avant par certains skippers pour expliquer leur choix de métier. Pour les plaisanciers, c’est surtout la possibilité de mettre en place un business « très lucratif » en parallèle. Selon certains observateurs, « c’est un des rares secteurs qui n’a pas nécessité l’aide directe du gouvernement pour décoller ». Zoom sur un domaine qui promet des débouchés sociaux importants… mais non sans difficultés.
Ils sont issus de diverses régions, ont un passé différent mais ont en commun leur amour pour la mer. D’où leurs efforts pour obtenir une skippers’ licence, délivrée par la Tourism Authority (TA). Jean-Marc Youric, 25 ans, a son permis de skipper depuis maintenant deux ans. Ce n’est cependant pas son métier : cet habitant de Savannah, qui avance ne faire « qu’un avec la mer », affirme pratiquer cette activité par plaisir.
Tout comme lui, Jean-Marie Alaine, habitant Mon-Trésor/Mon-Désert, fait partie ceux qui pratiquent le skipping comme passe-temps. Âgé de 39 ans, il affirme que son expérience dans le secteur portuaire est à l’origine de son intérêt pour la mer. « J’ai appris plusieurs techniques en ce qui concerne la maintenance d’un bateau », dit-il.
Les femmes ne sont pas en reste : Natacha, 23 ans, habitant Quatre-Bornes, est de celles qui souhaitent obtenir une skippers’ licence. Sa motivation est liée à son métier, qui lui permet de voyager régulièrement. Souvent en déplacement en France ou à la Réunion, elle soutient qu’une fois la licence obtenue, elle pourra organiser des sorties en famille et entre amis.
Majoritairement originaires du littoral, ceux qui pratiquent le métier de skipper, eux, ont un objectif commun : faire carrière dans ce domaine, avoir assez de revenus pour devenir des plaisanciers et embaucher à leur tour d’autres skippers. « C’est une activité très lucrative », soutiennent-ils.
Charles Bois, comme d’autres jeunes, s’est lancé dans le skipping avant la fin de sa scolarité. Aujourd’hui âgé de 23 ans, cet habitant de Rivière-Noire a surtout pu pratiquer sur les bateaux pendant ses vacances scolaires. N’étant pas porté sur les études, il était tout naturel pour lui de s’intégrer dans cet environnement, dit-il. Connaissant personnellement un grand nombre de skippers et des plaisanciers, il a été invité à poursuivre dans cette voie. Son expérience sur les catamarans l’a rendu passionné de ce métier qu’il pratique aujourd’hui depuis sept ans. Un métier que, pour rien au monde, il n’abandonnerait. Mais c’est vraiment quand il a eu sa skippers’ licence que les choses se sont réellement concrétisées. Aujourd’hui, il travaille à plein temps pour un propriétaire de La Balise Marina, un ensemble Integrated Resort Scheme (IRS) situé à Rivière-Noire.
À La Balise Marina, des skippers d’expérience ont eu des opportunités de réussite sociale qui sont citées comme exemple pour motiver d’autres jeunes à intégrer le métier. Avec ses sept années d’expérience dans ce métier, Jootun Sukhoo, 31 ans, a à sa charge plusieurs bateaux sur la marina. Cet habitant de Rivière-Noire affirme que ce sont ses nombreuses relations dans le métier qui ont joué en sa faveur, ce qu’il fait qu’il n’a pas eu à démarcher. « Tout s’est joué par le bouche à oreille et cela marche très bien », affirme-t-il. Dans cette région, il est reconnu comme un des skippers qui ont réussi.