Accentuer les passions en se réclamant haut et fort en faveur de la réintroduction de lalwa pandi ne mène à rien. Sinon à détourner le débat des vraies urgences qu’appellent des drames comme cette scène d’horreur qui s’est déroulée à Camp de Masque Pavé, la semaine dernière. L’urgence d’une révision du système d’éducation, d’une vraie politique d’accompagnement pour les jeunes et des mesures destinées à faire souffler un vrai feel good factor sur le pays est ressentie depuis longtemps. Le drame qui a coûté la vie à Yeshna Rughoobin et à sa grand-mère Reshma Rughoobin découle vraisemblablement du mauvais accompagnement qu’aurait eu le présumé suspect durant sa vie. Comment expliquer sinon une réaction d’une telle violence de la part d’un jeune de 17 ans, décrit comme sans histoires ?
Tandis que l’enquête est toujours en cours et que le petit frère de Yeshna est toujours en soins intensifs après les blessures qu’il a reçues, le pays cherche à comprendre. Cette sombre affaire a touché la nation en plein coeur. Ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement pour les funérailles des deux victimes, le dimanche 28 février. C’était aussi l’occasion d’accompagner leurs proches, qui ont été durement secoués.
Comme toujours, les mêmes voix réclament la peine de mort, brandissant la corde comme la solution miracle à tous les maux. Même le vice-Premier ministre Soodhun s’est prononcé en faveur de la peine capitale. Il donne l’impression que cette mesure servira à résoudre les gros problèmes sociaux qui affectent le pays et conduira au changement de comportement espéré au sein de la société. Ce n’est pourtant pas le débat ni la réflexion dont Maurice a besoin en ce moment. Poursuivre dans cette voie ne nous mènera nulle part.
On s’attend à plus de discernement et d’intelligence de la part de nos dirigeants politiques. Au cas contraire, au prochain drame qui marquera les esprits, nous serons encore à les écouter débiter des âneries.