Dans quatre ans, Maurice serait en mesure de produire à 100%, du moins en hiver, sa consommation d’électricité à partir des sources renouvelables. C’est en tout cas le rêve formulé par le ministre de l’Énergie et des Services publics, Ivan Collendavelloo, hier après-midi lors de l’inauguration d’un système photovoltaïque au centre de solidarité, à Solitude. « Ce sera un véritable miracle », a-t-il déclaré.
Donnant des indications sur son programme de production d’électricité à partir de la biomasse, de l’énergie solaire, du “fatak”, des déchets et de l’éolienne, le ministre de l’Énergie et des Services publics Ivan Collendavelloo a affirmé que, s’il réussit, « cela représenterait une bénédiction pour Maurice que nous n’ayons pas eu de CT Power ». Car avec CT Power, dit-il, « vous auriez dû marcher avec des masques sur la plage d’Albion ». Et d’ajouter : « Ce n’est pas pour cette raison que CT Power a avorté, mais pour des considérations financières. » Selon lui, le gouvernement « a pu remplacer CT Power », alors qu’il y a trois ans, « tout le monde se demandait comment nous ferons si l’électricité n’est pas produite à partir du charbon ».
« Dans la presse, on parlait de “black-out”. Regardez aujourd’hui : vous avez non seulement de l’énergie constante, mais un vaste programme qui commence », a fait ressortir Ivan Collendavelloo, avant d’indiquer qu’en une année, les énergies renouvelables ont augmenté de 3%. « Le “target” de 35% sera largement dépassé en 2025 », a-t-il indiqué.
S’agissant du système photovoltaïque installé sur le toit du bâtiment abritant le centre de solidarité, Ivan Collendavelloo a affirmé que ce centre « ajoute sa pierre dans l’édifice de la construction d’une économie basée sur le développement durable et renouvelable ». Il souligne d’ailleurs que « c’est une grande fierté pour Maurice de voir comment, petit à petit, les citoyens et les organisations commencent à s’embarquer dans un vaste programme d’énergie renouvelable ». Le ministre a rappelé que, sur une année, Maurice dépense environ Rs 5 milliards pour l’achat de combustibles, comme le pétrole et le charbon, pour produire de l’électricité. « C’est énorme pour un pays comme Maurice », a-t-il précisé. Selon lui, « en cette époque où on parle de Smartphones, de Smart Cities, de Smart People et de Smart Island”, il nous faudra essayer d’avoir un environnement naturel qui sera non polluant et qui saura préserver nos enfants de toutes sortes de maladies liées à la pollution fossile », poursuivant que « les cas de cancers liés à notre environnement prennent des proportions alarmantes dans le pays ». Le ministre a également parlé de Rodrigues, « qui est en avance sur nous », ainsi que d’Agaléga. « Imaginez quel pôle de développement cela sera lorsque l’on pourra rendre Agaléga autonome en énergie. »
S’agissant de la consommation, le ministre s’est demandé pourquoi investir dans la production d’électricité « si vous allumez votre climatisation jour et nuit alors que votre maison est fermée et si vous utilisez des réfrigérateurs gourmands en électricité ? » Et de rappeler enfin que « l’efficacité énergétique est la clé de mon programme ».