« Du jamais vu à Maurice ! » C’est ce que nous promet Stellio Grenouille, le fondateur avec son épouse Andrea de Coréame à Maurice. Ces spécialistes mauriciens de la danse latine présentaient alors le couple de jeunes danseurs Rosa Carné et Guillem Pascual, tous deux nés en Espagne, qui éblouissent le public depuis plusieurs années dans des shows de danses latines, et séduisent les jurys des championnats nationaux et internationaux dans cette catégorie de danse sportive. Rosa et Guillem nous montreront leur sens du geste qui fait mouche et de l’envolée à couper le souffle au cours de cinq numéros de danse, samedi soir. Les professionnels de la compagnie Coréame présenteront leur dernière création chorégraphique, tandis que certains élèves de l’école apporteront la touche finale à ce divertissement imprégné de la belle humeur latine.
« Nous avons rencontré Rosa et Guillem l’an dernier à Vitadanse à La Réunion, raconte Stellio Grenouille, fondateur de Coréame avec son épouse et partenaire Andréa. Nous devions passer sur scène après eux et je vous assure que quand on découvre leur maîtrise technique et leur talent, on a du mal à monter sur scène après eux ! Et on se demande si on pourra tenir la barre aussi haut après eux. Mais le show must go on… » Cette rencontre sous le sceau de la rivalité a cependant connu une suite tout à fait heureuse, qui se concrétise depuis déjà quelques jours avec les élèves et les danseurs de Coréame, et qui devrait apporter un divertissement plein de piquant et de grâce, samedi soir à partir de 20 h sur la scène du Mahatma Gandhi Institute. Leur talent a été reconnu dans les championnats internationaux, leur niveau requiert les meilleurs professeurs mondiaux de danses latines, et pourtant, ces jeunes danseurs ont accepté de transmettre leur passion chez Coréame non seulement aux élèves expérimentés mais également aux débutants.
Rosa Carné et Guillem Pascual sont arrivés en début de semaine de La Réunion où ils présentaient un show. S’ils voyagent beaucoup en Espagne où la danse est souvent une seconde nature comme en Amérique Latine, ils franchissent de plus en plus souvent les frontières de leur pays pour présenter des shows et concourir dans des compétitions internationales de danse latino. La compagnie Coréame commence elle aussi à briller à l’étranger puisqu’elle a présenté dernièrement un spectacle à un festival de danse de Montpellier en France, où leur chorégraphie associait les styles afro, sega et salsa. Andrea et Stellio en reviennent très heureux de l’accueil qu’il y ont reçu, avec le standing ovation de tous les professionnels de la danse présents dans la salle, tant ces styles sont appelés à se marier grâce à leurs parentés rythmiques et aux sources de leur avènement. Après quelques jours passés à l’école de Phoenix, Guillem Pascual et Rosa Carné se disent impressionnés par le niveau des élèves et danseurs qu’ils ont rencontrés, appréciant particulièrement le naturel et le sens rythmique.
Le naturel est justement une des grandes qualités qui fait la force de ce couple. Guillem Pascual expliquait en effet hier à la presse que formant un couple aussi dans la vie privée, ils n’ont pas besoin de théâtraliser leur chorégraphie… Aussi seraient-ils particulièrement appréciés dans les numéros de danse à caractère romantique. Étant sincères dans leur représentation du couple et de l’amour, peut-être peuvent-ils alors se consacrer plus pleinement à la danse, au rythme, à l’affinement de leur gestuelle et à la justesse de leurs enchaînements. Stellio Grenouille faisait quant à lui remarquer qu’il avait aussi été particulièrement impressionné par leur grande musicalité. Ce couple est actuellement classé dix-septième au niveau mondial pour la danse latine sportive. Chacun de leur côté, ils ont remporté à un moment ou un autre une place honorable dans un championnat du monde.
Cha-cha-cha, samba, salsa, etc
Tous deux dansent depuis leur enfance. Auparavant, Guillem dansait avec la soeur de Rosa, cette dernière étant trop petite au début. Puis voyant la jeune femme s’épanouir et devenir une véritable danseuse, il l’a rejointe ensuite pour la vie comme pour la scène. Ils s’entraînent quatre heures par jour et toute leur vie, du régime alimentaire au look, est réglée pour leur grande passion. Rosa a commencé la danse latino et la danse de salon à l’âge de six ans. En 2009, elle a remporté la 5e place aux championnats du monde Jeunesse de danse latine. Aussi, a-t-elle commencé à danser avec Guillem Pascual cette année là. Tous deux devraient faire frissonner le public samedi soir au MGI en présentant cinq danses sur la bande musicale de leur choix, dans des numéros où l’improvisation peut aussi avoir sa place grâce au ressenti dans cette communion unique avec un public qu’apporte le spectacle vivant. Le cha-cha-cha, la rumba, le paso doble, la samba et le jazz sont les styles que nous pourrons nous amuser à reconnaître…
Du côté des danseurs de Coréame, des élèves de 8 à 12 ans et de 16 à 22 ans animeront eux aussi la scène aux côtés des dix danseurs professionnels de la compagnie, composant un show d’une heure trente avec entracte. D’origine colombienne, Andréa Grenouille se réjouit que le projet de Coréame connaisse ainsi à Maurice de plus en plus d’adeptes et d’amateurs : « Je voulais partager avec les gens ici les danses de mon pays, dit-elle en souriant. La danse chez nous est une question d’amour et de passion. Cela vient du coeur et nous avons un grand respect pour les danses traditionnelles. Je crois que nous sommes riches des cultures incas, indiennes, africaines et espagnoles où la danse est très importante et fait partie de la vie ! »
Andrea et Stellio Grenouille ont commencé leur carrière en dansant dans les hôtels mais ils se sont très vite rendu compte que de nombreux danseurs et danseuses mauriciens exécutaient des danses latino sans en connaître véritablement les bases. Ils ont alors créé leur école et leur compagnie de danse spécialisée dans les styles latino. Cette école qui est implantée à Phoenix, Grand-Baie et Le Hochet, accueille des élèves de 4 à 87 ans, car les danses latines se pratiquent à tous les âges. « Je crois que les danses latines se sont beaucoup développées à Maurice parce qu’elles incarnent la joie, ajoute Stellio Grenouille. La salsa, c’est la gaieté. C’est un formidable antistress. Après la classe, on se sent très cool. Mais aussi ces danses sont assez proches de notre sega. N’oublions pas que la cumbia qui se pratique en Colombie se fait avec le même type de robes que notre sega et lui ressemble beaucoup. C’est quasiment la même chose ! »