Steve Railton, Stipendiary Steward et Secretary of Licensing Committee de Hong Kong, était l’invité du Mauritius Turf Club (MTC) du 27 octobre au 1er novembre dernier afin d’évaluer l’ensemble de l’organisation des courses hippiques à Maurice. Après un bref échange avec les entraîneurs et jockeys à l’issue de la séance d’entraînement du vendredi 30 octobre, ce sont les journalistes de la presse hippique écrite et parlée que l’Australien a rencontré au siège du MTC en présence du président Jeenarain Soobagrah, Benoît Halbwachs, Stéphane De Chalain, Samraj Mahadia et Shan Ip.
La nouvelle direction du MTC n’a pas fait mystère de son intérêt de devenir une référence dans l’organisation des courses hippiques et elle s’est donc tournée vers Hong Kong pour son expertise dans le domaine. Fort de plus de trente ans d’expérience dans le domaine du contrôle des courses dont les dernières six années au Hong Kong Jockey Club (HKJC), Steve Railton s’est dit flatté que le MTC l’ait approché pour une « external examination of its race day practices ». La passion des Mauriciens pour les courses hippiques a beaucoup surpris l’invité du MTC qui y voit une certaine similarité avec Hong Kong où ce sport jouit également d’une énorme popularité. Cette ferveur lui rappelle ainsi le temps où les courses hippiques se déroulaient à Happy Valley avant que l’hippodrome plus moderne de Sha Tin ne soit construit en 1978.
Les similitudes s’arrêtent cependant là puisque Hong Kong évolue désormais dans une tout autre catégorie. Et les recettes ne font qu’accentuer cela, le turnover d’une journée de courses dépassant allégrement les 1 milliard de dollars pour dix épreuves organisées à Sha Tin et huit à Happy Valley chaque semaine. A ce titre, le HKJC peut s’estimer heureux puisqu’il détient une licence exclusive pour offrir des paris dans un état où les bookmakers sont interdits, contrairement à Maurice ou en Australie où ces derniers font partie de la culture hippique, selon Steve Railton. Afin de combattre le fléau des paris clandestins, le HKJC ne s’épargne aucune peine et oeuvre continuellement pour assurer l’intégrité de son produit.
« Hong Kong can fry a jockey’s mind »
A Hong Kong, les Racing Stewards sont au nombre de sept, à savoir trois experts étrangers et quatre stipes locaux, dont un spécialement dédié au monitoring du betting. Alors que la fameuse directive 8 de la GRA fait plus que jamais débat au Champ de Mars, Steve Railton a été interrogé sur la manière dont les cas de careless riding étaient traités. Selon l’Australien, au cours d’une saison comprenant 83 journées, il n’est pas rare de répertorier un seul cas de négligence durant une journée de compétition. Si le degré d’interférence peut varier, il n’en demeure pas vrai que les « jockeys walk a tight line » en ce qu’il s’agit de rester compétitif et vigilant à la fois.
Invité à commenter le système de demerit points en vigueur à Maurice, Steve Railton a reconnu n’avoir jamais travaillé dans une juridiction où cela était applicable mais il pouvait comprendre la volonté du MTC de mettre en oeuvre ce concept afin de décourager toute incartade en course. A Hong Kong, les pénalités et les journées de suspension sont traitées sur une base individuelle mais tout «récidiviste» prend le risque de ne pas voir sa licence être renouvelée après expiration. Il appartient ainsi au jockey, de par son comportement sur et en dehors de la piste, de convaincre le HKJC de lui accorder le droit de rechausser les étriers au début de la saison.
Ils sont 24 jockeys à exercer à Hong Kong, soit 12 expatriés et 12 cavaliers locaux. Ces derniers sont formés par l’académie puis envoyés à l’étranger pour s’aguerrir avant de revenir monter au pays. Il faut ainsi faire ressortir que c’est le HKJC qui emploie tous les jockeys et s’assure de tous les coûts relatifs au logement, au transport ainsi que toutes autres dépenses encourues par les cravaches sous sa responsabilité. Afin de maintenir la compétitivité, aucun jockey ne peut piloter plus de 40% des chevaux d’un seul entraîneur durant une saison. Le HKJC est toujours à la recherche des rising stars qu’il supervise à travers le monde mais Steve Railton prévient qu’une enquête approfondie est menée pour s’assurer de l’intégrité de chaque nouveau postulant car, selon lui,      « Hong Kong can fry a jockey’s mind » si ce dernier n’y est pas préparé.
Steve Railton a remis le cap sur Hong Kong lundi dernier et il est convenu qu’il soumette un rapport de ses observations suite à son passage sur notre hippodrome. Il a toutefois expliqué qu’il relèverait de la prérogative du MTC de rendre public ledit rapport une fois reçue.