Le verdict est tombé en début d’après-midi aux Assises pour le passeur français Pierre Martin Viator, reconnu coupable de trafic de drogue. Le juge Benjamin Marie-Joseph l’a condamné à 18 ans de prison et une amende de Rs 100 000 alors que ses deux complices mauriciens, Gino Makinzie Appasamy et Jeremy Andrew Michel Agathe, écopent de 16 et 14 ans de prison respectivement. Ils devront également s’acquitter d’une amende de Rs 75 000. En prononçant la sentence, le juge s’est attardé sur la gravité du délit, soulignant une fois de plus le besoin d’envoyer un signal fort à la société. Pierre Martin Viator avait transporté dans ses bagages 2 744 comprimés de Subutex, dont la valeur dépassait Rs 2 millions.
Le 19 octobre 2011, Pierre Martin Viator, âgé de 57 ans et habitant Boulevard Ney à Paris, avait débarqué à Maurice sur le vol MK 51 en provenance de Paris. Il s’était rendu au comptoir d’Air Mauritius pour signaler que ses bagages n’étaient pas arrivés par le même vol que lui, laissant ses coordonnées à Maurice au cas où la valise serait récupérée. Moins de deux heures après son départ de l’aéroport, la valise a été repérée tournant sur le carrousel du hall d’arrivée, les officiers de la douane et de l’ADSU prenant le relais des opérations avec un « scanning » des bagages. Le « trolley bag » noir révélant des images suspectes, le douanier Veganaden Parmanand avait décidé de procéder à une vérification supplémentaire. En ouvrant le sac, il a découvert 2 744 comprimés dissimulés dans deux boîtes.
Mise au courant, la direction générale de l’ADSU avait accepté de jouer le jeu en faisant livrer les bagages à l’adresse indiquée pour ne pas éveiller les soupçons. Une importante opération de filature dans la région de Pereybère était prévue, là où séjournait Pierre Viator. Faisant irruption dans le bungalow occupé par Pierre Martin Viator, les officiers de l’ADSU devaient découvrir les comprimés de Subutex soigneusement installés sur le lit.
Pris en flagrant délit, le passeur français avait déclaré avoir obtenu ces comprimés d’une dénommée Isabelle, en France, pour les remettre à un contact local en échange de mille euros et d’un voyage gratuit. Une opération de « controlled delivery » fut montée le même jour, mais ce n’est que deux jours après que la livraison des comprimés a été effectuée. Gino Makinzie Appasamy et Geremy Andrew Michel Agathe ont été interpellés sur-le-champ.