La première AppFactory est lancée. Cette initiative de Ceridian, en collaboration avec Microsoft 4Afrika, vise à développer les compétences des jeunes diplômés en leur offrant le cadre nécessaire pour qu’ils puissent créer leur propre entreprise ou trouver un emploi bien rémunéré. Les stagiaires qui débuteront leur formation travailleront pendant une période de trois à six mois avec des ingénieurs chevronnés sur des projets réels.
Le lancement de la première AppFactory s’est tenu mercredi soir au Ceridian Learning Centre de Quatre-Bornes. « Nous offrons la possibilité aux jeunes d’accéder à la technologie, au “mentoring”, aux compétences qui leur permettront de développer des solutions », explique Vidia Mooneegan, managing director de Ceridian. Selon lui, un écart est observé entre ce que les étudiants ont appris à l’université et les besoins de l’industrie « car la technologie se développe très rapidement ». D’où l’importance d’être à jour des évolutions. « L’AppFactory offre une visibilité à ces jeunes pour qu’ils aient accès aux dernières technologies », dit-il. Les étudiants à l’université seront recrutés pour de courts stages et, après l’obtention de leur diplôme, ils bénéficieront d’un stage de trois à six mois et seront équipés de toutes les ressources nécessaires. Vidia Mooneegan avance que ces jeunes auront alors, après leur stage, la possibilité de créer leur entreprise ou de travailler pour une autre. « Nous espérons que d’autres partenaires se joindront à nous car nous voulons que cette initiative puisse aider les entreprises à intégrer le monde numérique », dit-il.
Selon Vidia Mooneegan, les petites entreprises éprouvant des difficultés à trouver les compétences et des solutions à leurs problèmes peuvent se tourner vers l’AppFactory, ce qui aidera les jeunes stagiaires à trouver des solutions aux besoins technologiques des entreprises. Si le manque de compétences est un problème récurrent dans le monde de la technologie, le manque d’engouement des jeunes à opter pour des études en informatique est aussi noté. « Les jeunes croient que la technologie est compliquée et ils choisissent souvent des études où ils sont sûrs d’obtenir un diplôme. Ils oublient que la technologie devient de plus en plus facile », dit-il, prenant exemple sur l’intelligence artificielle. Il fait ainsi ressortir que le marché dispose déjà de nombreux programmes ne demandant qu’une compréhension de leur fonctionnement.
Selon lui, les entreprises doivent être concernées par ce problème. « Les entreprises ne font pas assez d’efforts pour combler ce fossé. Elles attendent dans leur tour d’ivoire des jeunes qui sont “ready” », dit-il. Or, pour Vidia Mooneegan, il convient avant tout de prendre l’initiative de trouver des solutions à ce problème en augmentant l’intérêt des diplômés pour le secteur technologique. Pour lui, « la numérisation est la clé » pour que Maurice puisse atteindre un niveau de croissance supérieur. « Il nous faut des personnes qui pourront transformer les entreprises afin qu’elles soient plus compétitives pour avancer », dit-il.
S’agissant des études à l’université, il est également important pour les chargés de cours, dit-il, d’acquérir les nouvelles connaissances afin qu’ils puissent les partager avec les étudiants. Pour cela, il précise que l’AppFactory est ouverte pour les chargés de cours d’apprendre et enseigner ce qu’ils apprennent aux étudiants.
Présent lors de cet événement, Yogida Sawmynaden, le ministre des TIC, a estimé « plus que nécessaire » de travailler sur des emplois « n’ayant pas encore été inventés » car la technologie se développe rapidement. Selon lui, les jeunes « pourront faire la différence de par leurs connaissances à créer des entreprises performantes ». Toutefois, il dit regretter un « certain désintéressement » pour la filière informatique chez les jeunes. Il rappelle à ce titre que les TIC ne sont pas seulement synonymes de centres d’appels, mais aussi « d’autres emplois qui demandent des connaissances plus pointues ». Et d’élaborer : « La construction des polytechniques dans différents coins du pays permettra d’aider à trouver les compétences nécessaires car le secteur est pourvoyeur d’emplois. »
L’AppFactory a été lancée en 2013 par Microsoft 4Afrika. L’initiative se focalise sur le continent africain dans le but de former les jeunes diplômés africains au chômage ou manquant de compétences nécessaires à développer des solutions pour les entreprises. Maurice est le 14e pays africain où l’AppFactory est lancée. L’objectif est également d’ouvrir d’autres centres de formation à travers le pays.