La faible croissance touristique enregistrée au cours du premier trimestre 2013 fait réagir le ministre des Finances et du Développement économique Xavier-Luc Duval. Ce dernier, dans une déclaration au Mauricien, propose un moratoire pour la construction de nouveaux hôtels, en attendant une reprise des arrivées touristiques. Il en discutera, dit-il, avec le ministre des Terres.
Les statistiques des arrivées touristiques pour le premier trimestre 2013 montrent une croissance de 1,5 %. Ce qui est relativement faible comparé aux autres pays de la région, notamment les Maldives et les Seychelles, qui ont enregistré une croissance de 14,6 % et 19,2 % respectivement.
Rien que pour le mois de mars 2013, ces deux destinations ont enregistré une croissance respective de 30,1 % et de 20 %. Les Maldives comptent 27 000 arrivées de plus que Maurice pour le premier trimestre 2013, contrairement à l’année dernière.
Pour le ministre des Finances, cette situation fait réfléchir sur la construction des hôtels. « Je propose d’introduire un moratoire pour la construction de nouveaux hôtels vu que la croissance est plutôt stagnante. Car plus le nombre de chambres augmente, plus la compétition augmente. Il ne faut pas que cela influe sur la qualité de nos services. Il faut préserver la réputation de la destination. »
Depuis 2007, le nombre de chambres a connu une augmentation constante, passant de 13 900 à 16 900, excluant d’autres projets en cours. En contrepartie, les arrivées touristiques n’ont cessé de baisser, particulièrement pour le marché européen. Les marchés ayant enregistré une plus forte croissance au cours du premier trimestre 2013 sont la Grande-Bretagne (28,9 %), l’Afrique du Sud (13 %), l’Allemagne (9,9 %), la Suisse (52 %) et la Chine (68,6 %). La France, l’Italie et la Russie accusent des baisses de 1,9 %, 20,2 % et 49,4 % respectivement.
Réagissant à la proposition du ministre des Finances, Jocelyn Kwok, directeur de l’AHRIM, laisse entendre que cette idée avait déjà été émise lors des consultations prébudgétaires l’année dernière. « Nous sommes favorables à toutes les décisions qui pourraient apporter des solutions à la situation actuelle. Il n’est pas question de pénaliser les entrepreneurs, mais il convient de redresser la situation. Si le ministre des Terres envisage d’appliquer ce moratoire, nous apprécierons cette démarche. »