Multiplication des embouteillages, augmentation du parc automobile… Nos routes sont saturées avec, pour effet, une émission croissante de CO2. Un constat que beaucoup assimilent à une fatalité dans le contexte local. Alors que quelques gestes citoyens suffiraient pour inscrire notre manière de concevoir le transport dans le concept “Maurice Île Durable”.
Près de 380,000 véhicules à Maurice pour un territoire de moins de 2,000 km2. Le chiffre est énorme, et il n’est pas prêt de diminuer. Au contraire : le Bureau central des Statistiques et la National Transport Authority annoncent une augmentation croissante du parc automobile, correspondant à environ 1,750 nouveaux véhicules sur nos routes chaque… mois !
Outre une hausse logique du nombre d’accidents, les conséquences sont également dramatiques pour l’environnement. D’autant qu’il est un secret de Polichinelle que nombre d’usagers circulent encore dans des véhicules qui, s’ils sont autorisés par les autorités à prendre la route, sont loin de correspondre aux normes en termes d’émissions polluantes. Sans compter évidemment la sempiternelle question de la congestion routière, qui a pour effet d’accentuer le problème.
Penser “écolo”.
Cette situation devient d’autant plus alarmante que les autorités se gargarisent régulièrement de slogans racoleurs tournant autour du concept “Maurice Île Durable”. Certains diront que des efforts sont cependant consentis, citant par exemple les développements infrastructurels de notre réseau routier, censés notamment remédier à la congestion, comme à l’entrée sud de la capitale. Ou encore le projet du métro léger, qui, s’il est maintenu pour l’année prochaine, aura vu défiler nombre de consultants étrangers depuis une dizaine d’années. Mais cette seule volonté ne suffit pas. Aussi est-il temps pour les citoyens de prendre leur destin en main… et les mesures qui s’imposent. Car pour être “écolo”, il faut avant tout penser “écolo”. Et là, force est de reconnaître qu’un grand chantier reste aussi à construire.
Si les habitudes restent profondément ancrées chez la plupart d’entre nous, les Mauriciens gagneraient pourtant à les modifier. Pour la préservation de la planète bien sûr, mais aussi parce que ces “nouveaux réflexes” permettent de réduire plus que substantiellement la facture énergétique. En premier lieu, ressortons donc bicyclettes et rollers. Si l’on croit trop souvent qu’ils sont réservés aux jeunes, ces modes de transport alternatif font pourtant gagner de l’argent (puisque gratuits), mais aussi du temps. De même, tant que possible, optons pour la marche à pied, dont le bénéfice pour la santé n’est plus à démontrer (les médecins recommandent au minimum 30 minutes de marche par jour).
En attendant le métro léger (s’il arrive), privilégions aussi les transports en commun qui, même s’ils “crachent” un important volume de CO2, restent moins polluants que les véhicules individuels du fait du nombre de passagers véhiculés. Autre option : le covoiturage qui, là aussi, permet de réduire son coût énergétique ainsi que l’émission de gaz polluants.
Choix du véhicule.
Malgré toutes ces recommandations, certains irréductibles continueront à préférer le confort de leur voiture aux modes alternatifs. Qu’importe ! Là encore, un changement d’attitude permet à la fois de diminuer sa “facture carburant” tout en respectant la planète. Ainsi, bien gonfler ses pneus s’avère plus économique que de rouler avec des pneumatiques pas assez gonflés. Il faut savoir qu’un sous-gonflage de 0,5 bar s’avère non seulement dangereux mais augmente également la consommation de carburant de 2,4%. Sans compter une hausse de la facture environnementale de 58 kg de CO2 par an.
La vérification du véhicule ne doit pas s’arrêter aux pneus. Un filtre à air encrassé, par exemple, fait aussi consommer 3% de plus, de même qu’un moteur mal entretenu.
À ce titre, le choix du véhicule est aussi crucial. S’il est avéré que les deux roues, comme les scooters, sont moins défavorables à la pollution de l’air, certains types de transports sont totalement à proscrire, comme les 4×4 par exemple. En ville, ces derniers consomment même deux fois plus que les modèles dits “classiques”.
En résumé, si les vicissitudes de la vie moderne nous obligent à aller “toujours plus vite” et être “toujours plus performants”, rien ne nous empêche donc d’adapter nos habitudes à la cause “verte”. De l’adoption d’un mode de transport alternatif ou “d’éco-gestes” dépendra ainsi en partie l’avenir de la planète. Ainsi que ce que nous léguerons aux générations futures.