Les règlements qu’applique actuellement la National Transport Authority (NTA) pour les propriétaires et chauffeurs de transport scolaires comprenant les exigences des parents sont « de trop » pour les propriétaires et chauffeurs de transport scolaire. Ceux oeuvrant dans cette profession disent être « dépassés » par les événements, appréhendant la rentrée scolaire 2013.
Le point de presse de la Contract Vehicle Proprietors’ Organisation (CVPO) organisé hier à Port-Louis a été l’occasion pour ceux exerçant dans cette profession de faire état de leurs griefs. Évoquant un avenir sombre dans ce domaine principalement depuis l’introduction du « transpor gratis » et les nouvelles exigences de la NTA, les principaux concernés disent ne plus savoir à quel saint se vouer. Ils déplorent le silence du ministère du Transport, et principalement du ministre Anil Bachoo malgré les nombreuses correspondances exigeant une rencontre avec ce dernier. Selon les propriétaires et chauffeurs de transport scolaire, leurs recommandations et leurs points de vue sur les diverses mesures évoquées ne sont pas pris en considération.
Ils exigent qu’une subvention journalière leur soit accordée afin de bénéficier du système de transport gratuit. « Nous pouvons légitimement demander une somme vu l’argent déboursé avec les compagnies d’autobus », dit Farook, chauffeur de transport scolaire depuis une vingtaine d’années dans les hautes Plaines-Wilhems.
Arshad Aumeer, membre du Komite Van Lekol (KVL), souligne les exigences de la NTA. L’institution les a exhortés à employer au moins un assistant. Face à cette situation, les mêmes doléances reviennent. Les propriétaires et chauffeurs de transport scolaire disent arriver difficilement à joindre les deux bouts avec les nouvelles mesures imposées par le gouvernement, principalement le transport gratuit. « Alors comment assurer le salaire des accompagnateurs qui doivent être munis d’une carte d’identité avec leur photo et leur nom ? » La carte peut être utilisée uniquement par son détenteur légitime, qui pour l’obtenir doit présenter un certificat de moralité et être en bonne santé. Shameem Shahadut affirme qu’en cas d’absence, le laps de temps dont disposent les chauffeurs est très court pour trouver un remplaçant.
Nazir Jungee, président du KVL, dit comprendre que la sécurité des écoliers passe avant tout. Concernant le confort des enfants, la NTA stipule qu’un véhicule de 14 places peut transporter 18 enfants maximum. « Pli ale nomb zanfan li redwir. Avan ti 22. Pa kone kifer li bese koumsa », dit-il. Mais pour les parents, cette réduction a toutes ses raisons d’être. « Nous payons pour un service, donc nous exigeons le confort de nos enfants », explique Sheila, habitante de Curepipe. « Personnellement, je veille à ce que le transport scolaire ne soit pas overloaded », soutient un chauffeur, tout en déplorant que certains vans scolaires fassent fi du confort des enfants.
Pour M. Jungee, la concentration au volant sur la route tout en assurant la sécurité des plus petits est un élément clé. « Nous avons une responsabilité envers les parents pour assurer la sécurité des enfants, il est de notre devoir d’être discipliné et patient avec ceux que nous transportons à l’école tous les jours ». Mais l’emploi d’un accompagnateur et l’enregistrement d’un second pour remplacer le premier en cas d’indisponibilité pourraient entraîner une augmentation tarifaire. « Il faut compter entre 10 et 20 % de plus pour compenser les services d’un accompagnateur », disent certains. Des nouveaux tarifs qui seront applicables à partir de janvier 2013 car « il nous est impossible de proposer de nouveaux tarifs en fin d’année », fait comprendre le président du KVL. L’enregistrement d’un accompagnateur implique également la reconnaissance de ce dernier en tant qu’employé. Dans ce cas, il y a des conditions de travail à respecter dont le versement du treizième mois. Un boni auquel refusent de contribuer les parents. « Ena boukou paran ki pa le pey mwa janvie ek octob parski se bann mwa kot bann zanfan adapte ek lekol ou kan zot pe konpoze. Bann paran prefere al kit zot mem zot zanfan lekol. Mwa novam ek desam osi nou pa gagn lamone ek paran parski nou pa travay. Zot pa le peye », dit M. Aumeer. Et à Shameem Shahadut d’expliquer : « En vue de soulager les dépenses des parents, le tarif exigé pour douze mois est divisé pour les school days. Cela nous revient à au moins Rs 30 par jour pour le transport aller-retour ».
Pour pallier ce manque à gagner, les propriétaires et chauffeurs de transport scolaire réitèrent qu’ils devraient être autorisés à utiliser leurs véhicules à des fins personnelles dont le transport des membres de la famille et des proches durant les jours de semaine.