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Les membres de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) ont réuni la presse cet après-midi, mardi 18 décembre, dans le cadre de la Journée internationale des migrants observée aujourd’hui pour le lancement du Mauritian Migrant Workers Welfare Union.

Cette association regroupe plusieurs travailleurs de divers secteurs qui touchent majoritairement les travailleurs étrangers. Le but est d’être un facilitateur entre les travailleurs mauriciens et étrangers. « Souvent nous avons tendance à porter un autre regard sur les travailleurs étrangers », a fait ressortir Jane Ragoo, de la CTSP. Selon la syndicaliste, il est important de changer cette perception.

« Nous continuerons à faire en sorte que chaque travailleur mauricien et étranger bénéficie des meilleures conditions de travail. Nous sommes tous des migrants à Maurice », a-t-elle ajouté.

Les conditions de travail déplorable des travailleurs étrangers, surtout dans le secteur textile, a été au centre de cette rencontre. « Certes nous avons besoin des travailleurs étrangers pour faire progresser notre pays mais pas à n’importe quel prix. Malgré les progrès de notre pays nous devons encore apprendre comment accueillir des étrangers comme il se doit », déplore-t-elle.

Reeaz Chuttoo est quant à lui revenu sur l’étiquette de Maurice concernant le trafic humain car selon lui « en ce qui concerne les travailleurs étrangers il n’y pas cette relation employé-employeur. Dès qu’il obtient un work permit, c’est le patron qui a tout le droit sur lui et a même le droit d’annuler ce permis et le faire expulser. Le travailleur se retrouve dans une situation de vulnérabilité et il subit en silence ».

Il a également soutenu que chaque année deux travailleurs Bangladais meurent. Alors que selon leurs certificats médicaux ils sont en bonne santé, mais au bout de trois ou quatre ans la personne meurt. « C’est très grave et il est important de savoir si les employeurs respectent la loi sur le fait qu’un employé ne peut pas travailleur plus de six jours consécutif« .

Le problème des agents recruteurs qui gangrènent ce milieu a aussi été abordé. « Une fois à Maurice, les travailleurs se retrouvent à devoir rembourser leurs dettes et se retrouvent à la merci des employeurs parce que le ministère du Travail ne peut rien faire pour eux« . Le syndicaliste indique que, pour un travailleur étranger, le ministère du Travail lui apportera uniquement un support de médiateur et c’est l’employeur qui a le pouvoir de l’expulser.

Afin que les travailleurs étrangers prennent connaissance de leurs droits, une liste des droits à été traduite et distribuée dans plusieurs entreprises. De plus, Jane Ragoo suggère qu’un centre d’accueil soit mis sur pied à l’initiative du ministère avec le concours du bureau international du travail, afin de mieux encadrer et guider les migrants. « Nous serons là pour donner un coup de main. Ce sont des êtres humains, nous avons le devoir de les accueillir ».