Dans le cadre de la célébration du 112e anniversaire de Sir Seewoosagur Ramgoolam, le département d’histoire de l’Université de Maurice a projeté un film sur son parcours, particulièrement sa contribution à l’éducation. Le ministre de l’Éducation tertiaire, Rajesh Jeetah, l’ancien vice-chancelier de l’UoM, le Pr Goolam Mohammedbhai, et le doyen de la faculté de Humanities, le Pr Jocelyn Chan Low, ont assisté ensuite à un débat sur la qualité de l’éducation dispensée aujourd’hui plusieurs années après qu’elle a été rendue gratuite pour tous. Par ailleurs, il a aussi été question de l’employabilité des jeunes diplômés.
Afin de rendre hommage au Père de la Nation, qui fête cette année son 112e anniversaire, le département d’histoire de l’Université de Maurice a tenu à souligner la contribution de SSR dans l’éducation, notamment à travers la projection d’un film sur le campus de Réduit. Comme l’indique le Pr Chan Low, le but était d’inviter les jeunes à se concentrer sur un aspect clé du parcours de Sir Seewoosagur Ramgoolam.
Le film intitulé « Sir Seewoosagur Ramgoolam and education : The Story of a magnificent Obsession » raconte la vie de SSR ainsi que ses différentes démarches pour rendre l’éducation accessible à tous : du primaire au tertiaire. Des témoignages de plusieurs personnes connues dans le domaine de l’éducation et qui ont eu l’occasion de le côtoyer y sont inclus.
Après la projection du film, une session interactive a permis à l’audience composée d’étudiants, de personnes ressources, de chargés de cours, entre autres, de s’exprimer sur ce sujet. La question de l’employabilité des jeunes diplômés a été soulevée. Les intervenants ont fait ressortir que beaucoup d’entre eux ne parviennent pas à trouver du travail dans le domaine qu’ils ont étudié. Selon eux, les institutions tertiaires ne formeraient pas les jeunes selon la demande du marché de travail. Par ailleurs, les employeurs présents ont attiré l’attention sur le fait que si sur le plan académique, les jeunes diplômés sont rodés, il leur manque toutefois d’autres compétences : les soft skills.
Réagissant à ces propos, le doyen de la Faculté de Humanities, le Pr Jocelyn Chan Low, estime quant à lui qu’il faut prendre l’exemple sur SSR qui était toujours optimiste. « Souvent, dit-il, nous parlons de l’inadéquation entre l’éducation et la réalité économique. On ne peut pas planifier le monde et la visibilité du système économique. La seule chose qu’on puisse faire c’est préparer la population à faire face à toutes les situations. Pour ce qui est des compétences des diplômés, le Pr Chan Low a aussi souligné le fait qu’il devrait y avoir une combinaison entre l’université et l’employeur. « We cannot produce graduate that is ready-made », a-t-il soutenu.
Le ministre de l’Éducation tertiaire, Rajesh Jeetah, a pour sa part rappelé que si l’éducation n’était pas gratuite, beaucoup de personnes n’auraient pu progresser. Il a aussi attiré l’attention sur le fait que nous devons donner la chance à tous d’aller à l’université.
Pour le Pr Mohammed Bhai, il y a la perception qu’une université doit être purement vocationnelle. « Pourquoi une personne ne peut-elle pas faire des études à l’université simplement parce qu’elle s’intéresse à cette matière ? The future of a country is not necessarily vocational », a-t-il affirmé. L’ancien vice-chancelier de l’UoM a aussi fait ressortir que nous avons tendance à trop pousser nos jeunes alors qu’ils sont tous différents. « What is the role of the university ? Is it simply to produce graduates or produce intelligent people who can adapt in any situation », s’est-il interrogé. Par ailleurs, concernant les compétences de soft skills, tous reconnaissent qu’elles doivent s’acquérir dès le primaire.