Le Nomination Day à St-Pierre, Quartier-Militaire et Moka s’est déroulé dans le calme. Dans les rues, à l’exception de quelques rares banderoles, point d’animations rappelant l’enjeu des élections villageoises de 2012, portant à croire que ce jour-là ne concernait que ceux venus se porter comme candidats pour faire partie du conseil de village. Pour d’autres villageois, c’était « business as usual »..
Si les 11 centres de dépôts ont ouvert leurs portes à 9 h, les candidats ne s’y sont pas rués pour se faire enregistrer pour les prochaines élections villageoises. Ils ont été en petit nombre à s’acquitter de cette tâche dans les premières heures de l’ouverture des inscriptions.
Peu avant 10 h, l’équipe « Nouvelle vision » a été la première à se faire enregistrer à la Moka Government School, Bois-Chéri. Le parti a organisé un petit défilé dans la rue principale menant vers l’école comme pour rappeler sa présence et son ambition de remporter ces élections qui se joueront le dimanche 2 décembre. D’ailleurs, indique Seenauth Colin, le président, ces élections étaient attendues depuis pas mal de temps.
À l’école Reverend Edward Walter de Quartier-Militaire, trois candidats indépendants s’étaient déjà enregistrés en fin de matinée alors que les groupes, eux, se faisaient attendre. C’est en deuxième partie de la journée qu’ils ont fait de déplacement.
À l’école Mohunlall Mohit GS à L’Avenir, nous rencontrons Moustapha Alybaccus, alias Gandhi. Il n’est étonnement pas vêtu de la même tenue que ce dernier — Moustapha Alybaccus est devenu une figure connue de la scène politique pour s’être fait remarquer le jour des élections en se déplaçant pieds nus, vêtu comme Gandhi avec son bâton de pèlerin. Moustapha Alybaccus, qui briguera les suffrages au sein de l’équipe « Groupement pour le progrès », est venu directement de son travail au centre de dépôt. Cependant, il a eu à y retourner, ayant eu un léger bémol concernant son adresse. Il a toutefois pu se faire inscrire. Et pour ne pas rompre avec la « tradition », Moustapha Alybaccus a promis de porter les mêmes habits que Gandhi le jour du scrutin.
Nous retournons à Moka à la rencontre du « Groupement populaire de Moka » qui se prépare dans le Village Hall avant de se rendre au centre de dépôt. L’équipe sortante évoque un bilan positif de son parcours au sein du conseil de village et parle de continuité dans ses actions pour le développement et le progrès concernant sa zone couvrant Gentilly, Bois-Chéri en passant par Telfair et une partie d’Ébène.
La représentativité féminine a été respectée dans les équipes. Si pour certains cet exercice a donné lieu à un véritable casse-tête — en raison de la réticence ou de la timidité de certaines membres féminins à se porter candidates ou de la difficulté rencontrée à les convaincre —, pour d’autres, ils n’ont eu aucun problème à recruter des femmes.
Par ailleurs, les candidates que nous avons rencontrées dans les différents centres de dépôts, disent jouer la carte de proximité avec les villageois. « Les femmes sont plus proches de la population et plus au courant des difficultés et autres problèmes qui se passent dans leur village. Les personnes viennent facilement vers elles », confie Mme Labonne, candidate du « Parti boule », venue s’inscrire avec ses colistiers à l’école St-Pierre RCA durant la matinée.
D’autres leaders de parti évoquent, eux, la confiance qu’ils placent en leurs équipes et le désir profond de faire partie d’un mouvement afin de faire bouger les choses et améliorer la vie des familles et les infrastructures dans les villages.
Dans l’ensemble, l’ambiance a été plutôt calme. À l’exception, une heure avant la fin de l’exercice de dépôt de candidatures, d’une petite animation dans les rues de Quarter-Militaire sous la forme d’un défilé de véhicules pour accompagner les neuf candidats. Certains responsables des mouvements ont préféré garder secrète jusqu’à la dernière minute, la liste des candidats choisis. C’est une décision stratégique, fait-on comprendre, pour ne pas vexer ceux qui n’ont pas été pris ou encore pour qu’ils ne se sentent pas lésés.
Point de tracasseries majeures à l’exception de certains candidats qui se sont présentés au centre sans cartes d’identité et qui ont eu à y retourner. Pas de tension non plus entre les groupes : une certaine ambiance a d’ailleurs prévalu dans les écoles avec des candidats de partis adverses n’hésitant pas à se lancer des vannes dans la bonne humeur. « Mo vinn manz briani kot twa tanto ? », a lancé un candidat à un autre dans la cour de l’école Reverend Edward Walter de Quartier-Militaire.