« We should encourage responsible journalism, not propagation of false news… Les droits vont de pair avec les obligations et les responsabilités. » Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, répondait ainsi au député du MMM, Reza Uteem, hier lors du Prime Minister’s Question Time. Ce dernier lui avait demandé s’il avait pris connaissance du World Press Freedom Index récemment publié par Reporters Without Borders et qui montrait que Maurice avait accusé une chute passant au 67e rang en termes de liberté de la presse.
« On devrait se garder de lire le World Press Freedom Index 2013 de manière isolée et de conclure que la liberté de la presse à Maurice est menacée. Nous devons avoir recours à d’autres rapports », a estimé le Premier ministre. Navin Ramgoolam devait citer d’autres « prominent democracies » qui ont chuté également dans le World Press Freedom Index dont le Canada qui est sorti de la 10e place pour se classer 20e ; le Japon, « autre grande démocratie », qui a accusé une chute de 31 places en se classant cette fois 53e. La Grèce a reculé, elle, de la 70e place à la 84e place. Et, les Seychelles de 73 à 93.
Alors que le chef du gouvernement cite ces pays, le député du MMM Ameer Meea lâche : « Kifer kompar peyi ki pa bon, konpar seki bon ! » Le ministre des Administrations régionales Hervé Aimée lui lance alors une pique et le ministre du Travail Shakeel Mohamed s’y met aussi. Selon l’interprétation de Navin Ramgoolam, « cela ne veut certainement pas dire que la liberté de la presse s’est détériorée pour ces pays réputés pour leur démocratie ». Il a rappelé que la section 12 de notre Constitution fait provision pour la protection de la liberté de l’expression. Ajoutant : « Freedom of the press is an essential component of the right of expression. »
Le Premier ministre a préféré citer le Democracy Index de 2012 de la Economic Intelligence Unit qui a évalué 44 pays dans l’Afrique subsaharienne et qui a fait le constat suivant : « Un seul État dans la région des 44 évalués demeure une pleine démocratie : l’île Maurice. » Ce rapport, selon lui, a classé le pays 18e sur 167 États.
Navin Ramgoolam devait ajouter que « nous avons un total de 53 quotidiens, hebdomadaires, mensuels, bimensuels en sus des diverses chaînes d’informations internationales. Nous avons un accès illimité à Internet et les gens ont maintenant un plus large accès aux médias pour exprimer leurs points de vue ». Et d’insister : « I am the first to agree that the media has the right to criticise but we should all accept the fact that those who are criticised are also entitled to an appropriate rebuttal. »
Le député Uteem le somme alors d’expliquer comment cela se fait-il que Maurice a chuté au 67e rang, une « serious deterioration under his government », et s’il ne pense pas que c’est à cause de la MBC et son manque d’objectivité qui en est responsable. Le Premier ministre insistera à montrer les autres chiffres des autres rapports.
L’ancien ministre de l’Éducation et député mauve, Steve Obeegadoo, de demander à son tour : « Le Premier ministre est-il au courant du dommage fait par son gouvernement à la réputation de Maurice en boycottant certains journaux au niveau des publicités ? » La première réaction de Navin Ramgoolam est : « When the leader of the MMM was Prime minister, what did he do ? ». À M. Obeegadoo de répondre : « Ki, li ti boykot lagazet ? »
Et au chef du gouvernement de dire que Paul Bérenger avait muselé la presse.
Revenant à la question du député de l’Opposition sur le boycott des publicités, le Premier ministre devait dire qu’il s’y pencherait pour établir « whether we should subsidize the media. Nous devons étudier cela ».