2023, année de transition avec des guerres en toile de fond

Au moment où l’on se penche sur cette dernière rubrique de 2023, et alors que les fêtes de fin d’année à Maurice se déroulent dans la réjouissance et dans la paix, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée spéciale pour les milliers de victimes que font les guerres à Gaza, en Ukraine et dans plusieurs pays africains, dont le Soudan. À Gaza, les combats entre les forces israéliennes et celles du Hamas continuent de faire des ravages, en dépit de la succession de résolutions adoptées par une majorité écrasante aux Nations unies. Lors du dernier vote sur la résolution demandant un cessez-le-feu humanitaire immédiat, le 12 décembre dernier, 153 pays, dont Maurice, avaient voté pour, alors que dix autres, dont les États-Unis, avaient voté contre, en plus de 23 abstentions.
À Maurice, personne ne reste insensible à cette désolation. À la paroisse catholique de Sainte-Thérèse, la crèche de Noël est dédiée au peuple palestinien. L’enfant Jésus a été placé au milieu des débris de béton, symbolisant Gaza en ruine. De quoi faire méditer les paroissiens.
En Ukraine, la population continue de subir des bombardements russes. On compte des victimes par dizaines de milliers, sans compter que plusieurs millions se sont réfugiés à l’étranger. Dans plusieurs pays africains, dont on parle moins, la guerre continue de faire rage. Selon les informations disponibles, la guerre a fait quelque sept millions de déplacés et des milliers des victimes, alors que des centaines de femmes ont été violées et subissent des violences sexuelles.
Tout cela nous amène à penser combien il fait bon vivre à Maurice. Chez nous, ce sont les accidents de la route et la drogue qui font le plus de victimes. Au moins 130 personnes ont trouvé la mort dans les accidents. Cette question sera le thème principal de la messe célébrée par Mgr Jean Michaël Durhône ce lundi à la cathédrale, et qui aura pour thème Construire la paix sur nos routes. Quant à la drogue, elle continue de faire énormément de victimes, dont beaucoup ne sont pas répertoriées. Un travailleur de la région ouest de l’île nous a raconté comment toute une partie de la jeunesse est détruite par la drogue synthétique. Beaucoup meurent d’overdose, s’ils ne sont pas devenus des morts-vivants.
Un sujet qui nous a beaucoup intéressés en cette fin d’année a été bien entendu le réchauffement climatique et la COP28, qui a eu lieu à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis cette année. Si certains experts parlent d’un pas en avant avec la reconnaissance des pertes et dommages, d’autres, comme Shaama Sandooyea, déplorent l’affaiblissement du langage qui ne « représente pas le ton nécessaire et la détermination requise afin de mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre ». En effet, au terme de plusieurs heures débats, qui ont duré au-delà des heures réglementaires, le terme “phase out” des énergies fossiles a été remplacé par “transitioning away”. Ce qui annonce une sortie graduelle des énergies fossiles, à savoir du charbon, du pétrole et du gaz, sans donner de précision sur la façon dont elle doit être effectuée.
Quant au fonds “Pertes et Dommages”, aucune modalité n’a été définie pour savoir comment créer ce fonds, quelle devra être la contribution de chacun, qui sont ceux qui contribuent et qui sont ceux qui en bénéficieront. À ce propos, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, fait une sortie contre les critères arbitraires qui pourraient être utilisés pour venir en aide aux pays les plus affectés. La vulnérabilité des Petits pays insulaires en développement risque de ne pas être prise en compte.
En effet, même si Maurice dispose de revenus par tête d’habitant qui la classe parmi les pays à revenu intermédiaire, son économie est dramatiquement exposée au changement climatique. Des études sérieuses réalisées à Maurice démontrent que tout changement de température pourrait affecter directement tout le secteur agricole, dont la production cannière maraîchère. Avec la montée des eaux, un des piliers de l’économie, à savoir le tourisme, pourrait être affecté. Tout cela aurait des effets en chaîne sur les secteurs en raison de la baisse des revenus en devises étrangères. Autant de défis qui nous attendent lors de cette année électorale qui s’annonce. Souhaitons une bonne année 2024 à tous les Mauriciens !

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour