Actualité commentée — Bérenger (FMP): « Le GM joue plus que jamais avec le feu »

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Crise de l’eau, coup de feu à Camp-Levieux, National Crime Agency Bill, Chagos, révision des chiffres économiques… Le leader du FMP, Paul Bérenger, a multiplié les critiques contre le gouvernement, qu’il accuse de  perdre du temps sur des dossiers majeurs, au risque d’aggraver la frustration populaire et de provoquer une crise sociale.

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« Tout va de travers, de plus en plus, dans le pays. Le risque d’une crise sociale existe », a lancé Paul Bérenger lors de sa conférence de presse hebdomadaire. Il a notamment dénoncé le coup de feu tiré par un policier à Camp-Levieux, Rose-Hill, dans la nuit de vendredi à samedi, qui a blessé une jeune femme. Qualifiant cet incident de « particulièrement inacceptable », il a exprimé sa sympathie à la victime et à ses proches, tout en espérant un prompt rétablissement.

Le dossier de l’eau a ensuite été abordé. S’il reconnaît que le ministre des Utilités publiques, Patrick Assirvaden, « fait de son mieux », Paul Bérenger estime toutefois que la situation à la Central Water Authority (CWA) est catastrophique et que le public en fait les frais. Il reproche au ministre de critiquer le fonctionnement de l’organisme sans nommer les responsables ni prendre les mesures nécessaires. « Si, en tant que ministre responsable, il considère que certains n’effectuent pas leur travail, il doit agir », s’appesantit-il, évoquant un sentiment d’injustice et de frustration au sein de la population.
Il s’interroge également sur les annonces concernant les nouveaux forages, le nombre étant passé de dix à neuf entre les déclarations du ministre et le conseil des ministres.

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Selon lui, plus de 90% de l’eau de pluie se déverse dans la mer, alors que la construction du barrage de Rivière-des-Anguilles n’a toujours pas commencé. Il plaide de fait pour une meilleure collecte des eaux pluviales, de grands barrages et des réservoirs régionaux.
Les pertes d’eau, estimées à environ 60% en raison de fuites et de fraudes, constituent une autre source de préoccupation, selon lui. Il dénonce également les retards dans les démarches pour obtenir une aide étrangère et réclame une étude approfondie sur les difficultés rencontrées à Mare-aux-Vacoas. Son parti, assure-t-il, continuera à faire pression sur le gouvernement.

Interrogé sur l’option du dessalement, il a cependant exprimé des réserves quant aux potentiels de risques pour les lagons. De son côté, Joanna Bérenger s’est interrogée sur la pertinence d’investir davantage dans les infrastructures alors que le réseau perdrait près de 60% de l’eau distribuée.

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Select Committee réclamé

Sur le volet du National Crime Agency (NCA) Bill, Paul Bérenger estime que les risques associés au projet de loi ne sont pas suffisamment compris. Aussi invite-t-il à prendre connaissance des préoccupations exprimées par le président du Bar Council, Antoine Domingue, Senior Counsel, avant de revenir sur la motion de Rama Valayden réclamant davantage de concertation, adoptée à l’unanimité en présence de l’Attorney General, Gavin Glover.

Le mode de nomination du directeur général de la NCA et les pouvoirs qui lui seraient accordés, notamment la possibilité de reprendre une enquête au commissaire de police, soulèvent, d’après Paul Bérenger, de sérieuses interrogations. L’Attorney General aurait ainsi lui-même reconnu la nécessité d’examiner attentivement certaines dispositions et évoqué un protocole encadrant les relations entre les deux responsables.

« Je suis contre le statu quo et en faveur du remplacement de la FCC, mais par quelque chose de mieux, pas par pire », affirme Paul Bérenger. Dès lors, il appelle le gouvernement à ne pas faire adopter précipitamment les neuf textes législatifs concernés et propose la création d’un Select Committee afin que les parlementaires, les juristes et les autres parties concernées puissent être entendus.
Le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, partage ces inquiétudes. Il estime ainsi que certaines dispositions pourraient placer la police sous l’autorité du directeur général de la NCA, sans contrôle suffisamment clair. Il réclame également des éclaircissements sur les pouvoirs d’enquête et les écoutes téléphoniques. Selon lui, la réforme doit corriger les lacunes existantes sans aggraver les risques.

Rama Valayden s’est félicité de l’unanimité du Barreau pour réclamer davantage de temps et de concertation, invitant le gouvernement à écouter les propositions pertinentes avant d’aller de l’avant.

Paul Bérenger a également déploré « l’absence d’avancées » sur le dossier des Chagos. Il réitère sa proposition, inspirée du précédent du Groenland, d’engager un dialogue entre Maurice, le Royaume-Uni et les États-Unis afin de trouver une solution négociée. « Nous ratons une occasion en or », estime-t-il, avertissant que Maurice ne peut se permettre de laisser passer cette fenêtre diplomatique.
« We are running out of time », ajoute-t-il, tout en reconnaissant qu’une démarche juridique pourrait devenir nécessaire si les négociations n’aboutissent pas. Une telle option devrait toutefois être soigneusement préparée, dit-il, tout en estimant que « les menaces ne contribuent pas à la recherche d’une solution. »

Enfin, Paul Bérenger a contesté les affirmations du MSM selon lesquelles le FMI aurait reproché au gouvernement d’avoir faussé les chiffres publiés dans le State of the Economy (SOE) de 2024. Il explique que les méthodes de calcul des statistiques économiques sont périodiquement révisées, généralement tous les cinq ou six ans, afin de mieux mesurer l’activité du pays. Après un exercice en 2022, une nouvelle révision a été effectuée cette année, intégrant notamment certaines activités du secteur offshore.

Selon lui, ces changements méthodologiques ne bouleversent fondamentalement pas les données économiques, mais peuvent avoir une incidence sur des indicateurs, tels que la dette publique et le déficit budgétaire. Il rejette ainsi l’interprétation du MSM, estimant qu’une révision statistique ne constitue pas, en elle-même, la preuve d’une manipulation des chiffres.

De son côté, Chetan Baboolall accuse le gouvernement de « privilégier la gestion de l’opinion publique plutôt que celle des problèmes du pays ». Il déplore « qu’un gouvernement qui parle de la Vision 2050 n’est pas en mesure de gérer la Vision 2026 ! » Et de réclamer « un plan clair » pour la distribution d’eau, indiquant que les familles et les élèves subissent directement les conséquences de la crise.
À travers ces différents dossiers, les deux responsables de l’opposition dénoncent les retards du gouvernement et réclament des décisions concrètes, davantage de transparence et une concertation accrue sur les réformes sensibles.

 

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