Débats sur le Certificate of Character Bill- Arianne Navarre-Marie: « Nous ouvrons une porte certes, mais nous ne baissons pas la garde »

La Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des Genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, a déclaré, mardi, que le Certificate of Character Bill est un projet de loi qui va changer des vies. Elle a mis en avant que des changements concrets seront ressentis par les Mauriciens et les Mauriciennes dans leur quotidien, notamment dans leur recherche d’emploi. Des milliers de personnes attendent ce moment depuis trop longtemps.
« Quelque part à Maurice aujourd’hui, une personne s’est rendue à un entretien d’embauche. Elle était qualifiée et prête, mais n’a pas obtenu sa chance. Non pas parce qu’elle manquait de compétence, ni parce qu’elle a échoué à l’entretien, mais à cause de quelque chose qu’elle a fait il y a 15 ans et pour lequel elle a déjà payé et purgé sa peine, voire réglé une amende. Quelque chose qu’elle a depuis longtemps laissé derrière elle. Mais son certificat de moralité en a décidé autrement, et la porte s’est refermée. Et ce n’est pas un cas isolé », déplore la ministre.
À travers toute l’île, la même situation se répète dans des foyers, des régions et des vies. Le résultat est prévisible : le rejet, l’humiliation, l’exclusion. Non pas parce que cette personne représente un danger pour la société, mais parce que le système conçu pour protéger le public est aujourd’hui détourné de sa vocation, utilisé pour stigmatiser définitivement des personnes et les marquer comme inaptes, a ajouté la ministre.
« Ce n’est pas de la justice. C’est une double peine, et c’est une peine qui frappe de manière disproportionnée les jeunes et les plus démunis, les rendant incapables de s’en sortir. Et les conséquences ne s’arrêtent pas à l’individu : elles se propagent. Lorsque des parents ne peuvent pas trouver de travail à cause d’une condamnation ancienne, ce sont les enfants qui en paient le prix. La suite, on la connaît : précarité, instabilité et le sentiment que leur famille est, d’une façon ou d’une autre, marquée par l’État comme étant inférieure », a-t-elle fait ressortir.
Arianne Navarre-Marie a affirmé que ce projet de loi constitue une avancée concrète et soulagera des milliers de personnes, en leur offrant une véritable seconde chance. Il vient corriger une situation injuste avec proportionnalité et humanité.
D’abord, il prévoit que certaines condamnations mineures, après un délai déterminé, ne figurent plus sur le certificat, permettant ainsi une réelle réinsertion. Il consacre également un principe fondamental : une personne ne peut être discriminée à l’embauche pour une infraction sans lien avec l’emploi concerné.
Elle a toutefois insisté sur le fait que cette modernisation ne se fera jamais au détriment de la protection des enfants. « Je salue le fait que ce projet de loi maintienne avec fermeté l’obligation de faire apparaître sur le certificat de moralité toutes les condamnations liées à des infractions graves commises à l’égard des enfants, notamment l’abus sexuel, la prostitution d’enfants, la pornographie infantile et l’enlèvement d’enfants, entre autres. Aucun compromis lorsqu’il s’agit de la sécurité, de la protection et du bien-être des enfants. Nous ouvrons une porte certes, mais nous ne baissons pas la garde », fait-elle ressortir.

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