Une enquête pour présumée corruption secoue actuellement les forces de l’ordre après l’ouverture d’une investigation de la Financial Crimes Commission (FCC) visant cinq policiers soupçonnés d’avoir réclamé de l’argent lors d’une opération menée au Nord de l’île. Depuis vendredi dernier, seulement deux d’entre eux ont été entendus et arrêtés au Réduit Triangle. Trois autres éléments de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) devraient faire le déplacement également pour un interrogatoire Under Warning.
Le sergent Jean Marie Norbert Manoovaloo, âgé de 56 ans et habitant Coromandel, ainsi que la policière Nundanee Devi Ragoo-Joygapaul, 36 ans, domiciliée à Terre-Rouge, ont été arrêtés par la Financial Crimes Commission dans le cadre de cette affaire. Ils demeurent en détention préventive après leur comparution à la Week-end Court. Ils sont de nouveau attendus au tribunal de Pamplemousses ce lundi.
D’après les premiers éléments de l’enquête, les faits remonteraient au 7 mai lors d’une descente effectuée à Bois-Pignolet, Terre-Rouge, par une équipe de la MCIT à laquelle appartiendraient les deux policiers. Au cours de cette intervention, les policiers auraient approché un entrepreneur ciblé par l’opération et lui auraient réclamé Rs 100 000. Ils lui ont fait accroire que son nom était associé à une affaire de drogue.
Les enquêteurs soupçonnent les deux policiers d’avoir obtenu cet argent en échange d’une promesse de ne pas procéder à l’arrestation de cette personne. Cette transaction présumée est au centre des investigations actuellement menées par la FCC.
Le plaignant affirme, lui, avoir effectué des retraits d’argent auprès de deux guichets automatiques au Nord et que les images des caméras de surveillance peuvent prouver sa présence sur place.
Ce n’est que plus tard qu’il a appris qu’il n’a pas été impliqué dans un quelconque cas de drogue. Le plaignant s’est tourné vers le Central CID pour déposer une plainte. Une enquête préliminaire a alors été initiée par la police avant que le dossier ne soit officiellement transféré à la FCC le 15 mai afin d’approfondir les investigations.
Les deux membres de la MCIT ont été interrogés sur un abus de fonction à des fins personnelles, une infraction qui a débouché sur une accusation tombant sous la Prevention of Corruption Act (PoCA).
L’enquête pourrait également prendre une inquiétante tournure dans les jours à venir. D’après certaines informations, d’autres interpellations sont prévues.
De leur côté, les Police Headquarters ont émis un communiqué, samedi, pour faire le point sur cette sinistre affaire de ripoux. Cette affaire remonte au 11 mai faisant état d’informations relatives à un cas de corruption alléguée impliquant certains policiers ont été portées à l’attention de la hiérarchie policière.
« Dès qu’elle a été informée de l’affaire, la police a elle-même entrepris les démarches nécessaires afin d’inviter la personne concernée à consigner une plainte formelle.
« La force policière mauricienne réitère sa politique de tolérance zéro à l’égard de la corruption. Toutefois, cette enquête étant en cours, il importe de ne tirer aucune conclusion hâtive à ce stade. En tant qu’organisme chargé de l’application de la loi, nous demeurons engagés à faire respecter l’État de droit et à maintenir la confiance du public », conclut la force policière.

