Dianette Henriette-Manan, Rodrigues: « La Constitution ne doit pas être un costume taillé pour Maurice et imposé aux autres îles » 

La réforme constitutionnelle ne doit pas devenir un exercice réservé aux seuls experts juridiques et politiques. C’est ce qu’a déclaré Dianette Henriette-Manan, députée de Rodrigues, intervenant lors des débats, vendredi. Les réformes portant sur les nominations au sein de grandes institutions publiques doivent, selon elle, promouvoir le mérite, l’intégrité et la confiance du public.

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« À Rodrigues, nous connaissons aussi la réalité des transfuges politiques », a-t-elle déclaré. Concernant la loi anti-transfuge, elle estime toutefois que l’Assemblée nationale doit avancer avec prudence. Selon elle, il faut veiller à préserver la liberté des élus d’agir selon leur conscience et dans l’intérêt de leurs électeurs.

La parlementaire a soutenu également que le peuple doit sentir que la Constitution reflète ses espoirs et son avenir. « Ce projet de loi ouvre la voie à une importante conversation nationale. Abordons-la avec sagesse, unité et patriotisme », a-t-elle lancé.

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Elle a affirmé que la Constitution de 1968 a bien servi le pays, mais que la République du 21e siècle doit désormais répondre aux exigences de son temps, avec Rodrigues pleinement intégrée dans cette évolution. « Notre Constitution ne doit pas être un costume taillé pour l’île Maurice et imposé aux autres îles de la République », s’appesantit-elle, ajoutant qu’une telle situation serait « injuste et frustrante ».

Elle a notamment cité l’exemple de Rodrigues, qui ne participe pas directement au choix du chef de l’État. « Nous aurions dû également participer au choix du dirigeant de notre république », a-t-elle fait ressortir. Elle a aussi souligné que depuis l’avènement de la Rodrigues Regional Assembly, l’île n’a aucune garantie de disposer d’un ministre de Rodrigues au sein du gouvernement. Selon elle, la commission constitutionnelle devrait se pencher sur cette question. Dianette Henriette-Manan a également regretté qu’Agalega ne dispose pas d’un représentant natif de l’île à l’Assemblée nationale.

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Enfin, elle estime que la Constitution ne doit pas seulement refléter les réalités d’hier, mais également les aspirations de demain. À travers ce projet de loi, elle plaide pour une meilleure protection des droits fondamentaux, l’inclusion des droits environnementaux, la lutte contre le changement climatique, la protection de la vie privée, l’accès aux soins de santé et l’égalité sociale.

« Ces sujets ne sont plus des préoccupations secondaires. Ils sont au cœur de la dignité humaine », a-t-elle soutenu, tout en soulignant que la protection de l’environnement à Rodrigues est capitale en raison de la fragilité de son écosystème.

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