Un autre Prison Officer, qui avait participé à la fouille de la cellule de John Martingale la veille de sa mort, a été auditionné, hier. Il a admis qu’il y avait eu un manquement grave ce jour-là, vu que le Control Room de la prison n’avait pas été averti préalablement avant cette perquisition. Le témoin a toutefois maintenu qu’aucune violence n’ait été exercée contre le détenu.
La veille de la découverte de John Martingale décédé dans la cellule, cinq gardiens y avaient effectué une fouille. Ils avaient été avertis par l’un deux que le détenu avait en sa possession un téléphone portable.
Le Prison Officer Nundlall, qui avait participé à cette opération, a produit en Cour sa matraque, comme le lui avait demandé Me Ricky Bhookhun, le représentant du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) lors de la précédente séance. C’est une matraque en bois d’un pied de longueur, avec un diamètre d’environ un pouce.
Toutefois, Me Bhookhun a exprimé son mécontentement vu que le témoin n’a pas averti sa hiérarchie qu’il allait produire cette matraque en Cour. L’homme de loi a demandé au magistrat d’émettre une citation au commissaire des prisons pour qu’il délègue un office pour produire cet Exhibit de nouveau en Cour.
Un autre Prison Officer, Jonathan Vythilinga, qui faisait partie de l’escouade, engagée dans la fouille de la cellule de Martingale, a ensuite été appelé à la barre des témoins.
Il était de service à la prison de Beau-Bassin le 7 septembre 2024. Il se rendait au bureau de l’Assistant Superintendent of Prisons (ASP) Ramtoolah, quand le dénommé Ghoorah était venu leur dire qu’un détenu, John Mick Martingale, incarcéré dans la cellule 71, était en possession d’un portable.
L’ASP Ramtoolah avait alors ordonné une fouille de cette cellule. Une escouade de cinq hommes avait été constituée, comprenant Vythilinga lui-même, l’ASP Ramtoolah et les Prison Officers Ghoorah, Nundlall et Constant. Ils se sont alors rendus à la cellule 71.
Le témoin Vythilinga a admis qu’une entrée aurait dû être consignée dans l’Occurrence Book, mais ne sait pas si cela avait été fait par l’ASP Ramtoolah. Il a aussi admis qu’il ne savait pas si ce dernier avait averti au préalable le Control Room de la prison, où sont visionnées en permanence les images des caméras de surveillance.
Me Bhookhun (RB) : Quelle est l’importance d’avertir le Control Room ?
J.Vythilinga (JV) : Pour que les caméras puissent procéder aux enregistrements.
RB : Il n’était pas important d’avertir le Control Room avant cette fouille ?
JV : Si.
RB : Vous êtes d’accord avec moi qu’en omettant d’avertir le Control Room, il y avait eu un manquement grave ce jour-là ?
JV : Oui.
Par ailleurs, le témoin a aussi admis qu’il n’avait pas sa matraque avec lui au moment de la fouille. Ce qui a poussé Me Bhookhun à lancer : « Le gardien Nundlall avait dit qu’il n’avait pas sa matraque avec lui, vous aussi vous n’aviez pas cette matraque avec vous. Personne n’avait sa matraque avec lui ? Vous faites ce que bon vous semble ? C’est comme cela que vous travaillez ? Cela est grave. »
Le garde-chiourme a aussi expliqué que si l’escouade se rend vers une cellule discrètement, les détenus ne peuvent les entendre. À une question de Me Bhookhun qui lui avait demandé s’il connaissait Martingale, le témoin a répondu qu’il ne l’avait vu qu’une fois, et l’a décrit comme un détenu « tranquille ». Il ne sait pas si ses collègues ont déjà eu du fil à retordre avec lui.
Il ajoute que le Prison Officer Constant avait ouvert la porte de la cellule de Martingale et était entré seul à l’intérieur, tandis que les autres attendaient à l’extérieur. Le dénommé Constant avait ensuite demandé à Martingale de lui remettre le portable. Celui-ci avait dit qu’il n’avait pas de portable avec lui, avant de se raviser et de dire qu’il l’avait jeté par la lucarne de la cellule, qui donne sur la cour de la prison. Les gardiens ont alors insisté qu’il avait bien ce portable sur lui. Selon le témoin Vythilinga, Martingale s’était ensuite baissé, avait pris le portable, et l’avait brisé.
Il a maintenu qu’aucun des gardiens ne s’était mis en colère, n’avait proféré d’insultes ou de menaces contre Martingale et qu’aucune forme de violence physique n’ait été utilisée contre lui.
Le Statement qu’il avait consigné à la CID de Barkly après la découverte du corps de Martingale lui a ensuite été montré. Selon ce Statement, il a ensuite entendu l’ASP Ramtoolah qui disait au gardien Constant : « Pa pou ena nangne. ».
RB : Éclairez-nous sur cette phrase.
JV : L’ASP Ramtoolah voulait dire qu’aucune action n’allait être prise contre le détenu.
Il a ensuite expliqué que si un détenu est pris avec un objet interdit, une mesure de confinement peut être prise contre lui, mais que cela n’engage pas un transfèrement vers une autre prison.
Toujours selon le gardien, l’ASP Ramtoolah avait ensuite mis le portable avec son chargeur dans un coffre-fort et avait effectué une entrée dans l’Occurrence Book. Vythilinga était ensuite parti se reposer, et le lendemain, on l’avait informé que le détenu s’était pendu.
RB : Selon la hauteur de la lucarne, une personne peut se pendre ?
JV : Oui, s’il y a un drap.
RB : Y avait-il un drap dans la cellule de Martingale ?
JV : Je n’avais pas remarqué.
RB : Quelle était la taille de Martingale ?
JV : Je dirais entre 1 m 60 et 1 m 70.
RB : Il pouvait se pendre ?
JV : Oui.
À la demande de Me Bhookhun, le magistrat Jonathan Vellien a mis fin à la séance. Elle reprendra le lundi 27, avec la poursuite de l’interrogatoire du Prison Officer Vythilinga qui se poursuivra. Le témoin Constant, qui fait partie de la Prison Security Squad (PSS), sera également appelé à la barre des témoins.

