Jayen Chellum : « Une réduction de Rs 2 représenterait un manque à gagner de 0,69% des revenus de l’État »
Le Welfare State ne va pas s’écrouler avec une baisse de la taxe sur l’essence et le diesel. C’est ce qu’avance Jayen Chellum, de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM). Il répondait indirectement aux arguments du ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, à l’effet que le riz ration pourrait passer à Rs 150, le gaz à Rs 600 et le transport gratuit, aboli. Pour Jayen Chellum, avec une réduction de Rs 2 sur la taxe, le gouvernement ne perdrait que Rs 1,388 milliard sur les Rs 200 milliards de revenus annuels.
« La population doit pouvoir souffler un peu », affirme Jayen Chellum, réagissant après la hausse des prix de l’essence et du diesel de cette semaine. Tout en reconnaissant que cette situation est imposée par le contexte géopolitique au Moyen-Orient, il fait ressortir le fait qu’à Maurice, le prix est gonflé davantage, avec les différentes taxes appliquées.
« Le litre d’essence coûte Rs 47.29 à l’achat. Après l’application de l’Excise Duty et des différentes taxes, il atteint Rs 77.70 le litre. Soit quelque Rs 30 de différence. Pour le diesel, le prix à l’achat est de Rs 53.93 le litre. Il passe ensuite à Rs 78.35 le litre, soit environ Rs 25 de plus », explique-t-il.
Le secrétaire de l’ACIM avance qu’il ne faut pas s’adonner à la démagogie, en faisant croire que le Welfare State s’écroulera si les taxes sont enlevées sur les produits pétroliers. « Venir dire que le riz ration pourrait coûter Rs 150 et le gaz Rs 600, c’est de l’exagération. Nous n’avons jamais dit d’ailleurs qu’il fallait enlever toutes les taxes », répond-il à la campagne du ministre.
Il ajoute que le gouvernement est déjà gagnant dans cette situation, puisque la TVA est appliquée sur les différentes contributions. « Plus le prix augmente, plus la TVA augmente. Donc, il y a déjà plus d’argent qui entre dans les caisses de l’État. Ce n’est pas juste de nous demander de contribuer pour subventionner certains produits, avec l’application de la TVA sur ces contributions. De plus, il n’y a pas de TVA sur le riz, la farine et le gaz », dit-il.
Dans la conjoncture, Jayen Chellum estime que le gouvernement aurait pu réduire une partie des taxes vu qu’il est déjà gagnant sur la TVA. Se basant sur la vente de 370 millions de litres d’essence et 324 millions de litres de diesel par la State Trading Corporation, par an, il indique qu’une réduction de Rs 2 de taxe équivaudrait à Rs 1,388 milliard sur une année. « Quand nous savons que les revenus de l’État sont à Rs 200 milliards par an, cela veut dire que cette réduction de Rs 2 de taxes ne représenterait qu’un manque à gagner de 0,69% dans ses revenus. Est-ce que Maurice sera à genou avec ça ? », se demande-t-il.
L’ACIM invite également à réfléchir sur la formule de subventions, qui profite aujourd’hui aux plus démunis ainsi qu’aux plus aisés. « S’il faut procéder à une forme de ciblage, à un moment donné, il faut le faire. Ce n’est pas normal que quelqu’un qui touche Rs 150 000 par mois ait droit aux mêmes subventions que celui qui touche Rs 15 000 », met en perspective le secrétaire général de l’ACIM.
Jayen Chellum souligne également que ce gouvernement avait pris l’engagement de baisser le carburant et le coût de la vie. « Ils avaient dit quelque chose pendant la campagne électorale et maintenant, ils font le contraire. La population finira par perdre confiance en ses dirigeants », s’insurge-t-il.
Jayen Chellum estime qu’il faut avoir le courage politique de mettre sur pied un système de Research and Development afin de vérifier s’il n’y a pas d’exagérations dans les subventions.

