La Fédération des Travailleurs Unis (FTU) a alerté le ministère du Travail sur une situation, considérée illégale régnant au sein dans un groupe hôtelier. Le porte-parole de la FTU, Atma Shanto, dénonce un directeur étranger, qui ferait pression sur les travailleurs en vue de les obliger de se retirer du syndicat. Il invite au respect des lois du pays et demande au gouvernement de résilier le permis de travail de ce directeur.
Atma Shanto s’élève contre les tentatives d’intimidation au sein d’un groupe hôtelier. Il explique qu’il y a quelque temps, l’Employment Relations Tribunal a émis un ordre, intimant la direction à reconnaître le syndicat. « Toutefois, dès notre première réunion, il y a un responsable des ressources humaines qui a demandé où on pouvait obtenir des formulaires pour ceux qui souhaitent quitter le syndicat. Nous avons également reçu plusieurs appels à ce sujet par la suite» poursuit-il.
« Selon les travailleurs, le directeur, un étranger, ferait pression pour qu’ils quittent le syndicat. Ceux qui tiennent tête sont victimes de répression. C’est pour cela que j’ai alerté le ministère du Travail. Je lui demande de réagir pour faire respecter les lois du pays », fait ressortir Atma Shanto, réclamant que le permis de travail de ce directeur soit résilié et qu’il soit déclaré Persona Non Grata.
Le syndicaliste rappelle également que les lois du travail protègent les employés contre des pressions et de la violence au travail. « La loi prévoit même que la police puisse mener des enquêtes. Mais la question qui se pose, c’est combien d’enquêtes il y a eu à ce jour et combien de patrons ont été inquiétés. La police et le bureau de l’emploi se renvoient toujours la balle », ajoute-t-il.
Cette situation dans ce groupe hôtelier n’est pas isolée, poursuit Atma Shanto. Avec les caméras de surveillance installées sur les lieux de travail, souvent, les moindres mouvements des travailleurs sont scrutés et il y a par la suite des répressions. « Dès qu’un syndicat demande la reconnaissance, les patrons font tout pour identifier les meneurs et leur mènent la vie dure. Surtout qu’il n’y a aucune loi interdisant les caméras de surveillance au travail. Dans certaines entreprises, il y en a même dans le mess room »,regrette-t-il encore.
Le négociateur de la FTU invite également le gouvernement à donner le bon exemple, en réintégrant Yogita Baboo au sein de la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius. « C’est un très mauvais signal qui est envoyé au secteur privé. Le ministre du Travail a intérêt à régler ce problème au plus vite, autrement, il aura des comptes à rendre au Bureau international du travail et l’image du pays à l’international va en souffrir», suggère-t-il.
Il s’inscrit également en faux par rapport à « l’hypocrisie » des politiciens qui vont déposer des gerbes chaque 1er mai en mémoire des combattants comme Emmanuel Anquetil, Guy Rozemont ou Anjalay Coopen. « Lorsqu’ils sont au gouvernement, ils ne font rien pour défendre les droits des travailleurs.»
Atma Shanto se dit également solidaire de Yogita Baboo, présidente de l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA), récemment licenciée. « Je n’ai pu participer à la marche de solidarité pour des raisons de santé, mais je soutiens pleinement sa cause », rassure-t-il.

