Depuis la semaine dernière, le National Security Service (NSS) avait alerté le quartier général de la police sur de possibles actes prémédités susceptibles de troubler l’ordre public dans le pays. Dès les premiers incidents survenus à Camp-Levieux, mercredi dernier, lorsqu’un groupe d’individus encagoulés avait commencé à incendier des débris, les autorités policières disposaient déjà de renseignements faisant état de tentatives de déstabilisation. Ces informations auraient même été communiquées au Prime Minister’s Office, notamment au sujet des agissements présumés des réseaux de drogue.
La situation a pris une autre tournure en début de semaine, à la suite d’une série d’incidents signalés dans plusieurs régions du pays. La police dit avoir relevé un mode opératoire récurrent dans le déroulement de ces actes de désordre. Des instigateurs dissimulant leur visage obstruent d’abord la circulation sur une route avant de mettre le feu à des pneus et à divers débris.
Un groupe présentant un mode opératoire similaire a notamment été aperçu à Sainte-Croix et Camp-Levieux sur les images des caméras du Safe City Network.
Selon des informations recueillies auprès de sources proches de la hiérarchie policière aux Casernes centrales, des trafiquants de drogue auraient joué un rôle important pour provoquer des troubles. Leur objectif serait de prendre pour cible des postes de police, notamment en y lançant des cocktails Molotov, afin de les incendier et de détruire d’éventuels dossiers d’enquête. Ainsi, les postes de police de Camp-Levieux, Barkly, Abercrombie et Bambous ont été visés.
L’exploitation des images des caméras de surveillance a également permis aux enquêteurs d’identifier plusieurs individus soupçonnés d’avoir lancé des cocktails Molotov sur des postes de police. Leur identification a été facilitée par le fait que nombre d’entre eux sont déjà connus des services de police dans leurs localités respectives.
Par ailleurs, le NSS aurait recueilli des renseignements encore plus préoccupants sur les agissements des trafiquants et les directives qu’ils auraient données à certains individus. Ces informations pourraient notamment éclairer les récents cas de vols commis sous la menace d’armes, signalés dans plusieurs endroits ces dernières heures.
La police tient toutefois à faire ressortir que la grande majorité des habitants des régions touchées par ces incidents n’a pas pris part aux débordements. « Certains s’y sont rendus uniquement par curiosité », indique le QG de la police. Les autorités estiment également qu’une infime minorité de personnes ayant participé aux actes de vandalisme ne serait pas nécessairement liée aux agissements présumés des réseaux de trafiquants de drogue.
Ils auraient surtout exprimé un mécontentement contre les autorités et la police. Cette dernière souhaite discerner ceux associés à des malfaiteurs et un autre groupe de citoyens qui ont, eux, exprimé une colère sans être téléguidés par qui que ce soit.
Pour l’heure, la priorité des Casernes centrales demeure le rétablissement et le maintien de l’ordre public. La police entend néanmoins passer à la vitesse supérieure plus tard et promet une vaste offensive contre les trafiquants de drogue ainsi que contre ceux considérés comme les principaux instigateurs de ces incidents, dits les “Ring Leaders”.
Bruneau Laurette réclame une enquête sur le financement des fauteurs de troubles
Bruneau Laurette s’est rendu tôt mardi matin, à Sainte-Croix, afin d’appeler les habitants au calme. Au cours de sa visite, l’activiste a dit avoir recueilli des témoignages laissant entendre que certaines personnes auraient été rémunérées pour participer aux actes de désordre. « Nou koz avek sertin abitan, zot les nou konpran ki bann dimounn ki fer dezord, se plis bann zoke. Bann dimounn ki gagn larzan o kouran lazourne (lindi) », a-t-il déclaré.
Bruneau Laurette demande ainsi à la police d’ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur ces allégations et d’identifier les éventuels commanditaires. « Mo demann lapolis al fer enn lanket pou kone kisannla pe rant dan bann diferan site pou distribie larzan pou ki dimounn fer dezord », a-t-il ajouté.

