Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, a rencontré hier les représentants des planteurs et du secteur sucrier privé, à la suite des incendies survenus depuis lundi dans plusieurs champs de canne à sucre. Il estime que la plupart de ces incendies seraient d’origine criminelle et appelle à la vigilance, tout en insistant sur la nécessité de récolter et de broyer rapidement les cannes brûlées.
Les incendies survenus ces derniers jours dans les champs de canne à sucre à travers le pays ont déjà causé des pertes importantes à l’industrie sucrière. À ce jeudi 15 octobre, le tonnage de cannes brûlées s’élève à 17 450 tonnes. C’est le bilan communiqué par le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Arvin Boolell, à l’issue d’une réunion avec les représentants des planteurs et du secteur sucrier privé, au siège de son ministère.
Au cours de cette rencontre, la situation sur le terrain a été passée en revue, notamment à la lumière des incendies enregistrés depuis lundi. Le ministre a souligné la difficulté d’établir avec certitude si ces sinistres sont accidentels ou criminels.Toutefois, au regard des circonstances, il estime qu’« il est évident que la plupart des incendies sont criminels ».
Face à l’ampleur des dégâts, Arvin Boolell a mis l’accent sur l’urgence de prendre les dispositions nécessaires pour éviter que les cannes brûlées ne restent trop longtemps dans les champs. Celles-ci doivent être broyées dans les meilleurs délais, puis acheminées rapidement vers les usines ou les stations prévues à cet effet.
Le ministre a également fait ressortir que plusieurs champs concernés se trouvent à proximité de zones résidentielles, ce qui renforce les préoccupations liées à la sécurité. Un représentant du commissaire de police a d’ailleurs participé à la réunion. Les informations disponibles sont recueillies et les autorités suivent l’évolution de la situation.
Dans le contexte du couvre-feu, Arvin Boolell a avancé que le secteur cannier constitue un service essentiel et que les opérations nécessaires doivent pouvoir se poursuivre. Les noms et les cartes d’identité des personnes appelées à travailler après 20 h 30 ont été communiqués, afin de faciliter les déplacements des travailleurs concernés.
« Nous prenons note de tous les renseignements. Il y a une concertation dans le travail », a indiqué le ministre, soulignant l’importance de la coordination entre les différents intervenants. Tout en estimant que cette situation ne devrait pas perdurer, il a appelé à maintenir un niveau élevé de vigilance.
Les conséquences de ces incendies constituent un sujet de préoccupation pour les planteurs et les opérateurs du secteur sucrier, alors que la priorité est désormais de limiter les pertes et de préserver autant que possible la récolte affectée.
La question de l’eau destinée à l’irrigation a également été abordée lors de cette rencontre. Dans un contexte marqué par le manque de pluie et les difficultés d’approvisionnement, Arvin Boolell a reconnu que la situation était difficile, sans être pour autant insurmontable.
« Les ressources sont là, mais c’est la coordination qui est importante », a-t-il fait valoir. Selon lui, il est essentiel de répondre aux attentes de la communauté des planteurs tout en veillant à une utilisation rationnelle des ressources disponibles.
Le ministre a ainsi plaidé pour une exploitation « correcte, judicieuse et soutenable » de l’eau, appelant à une gestion équitable de cette ressource entre les différents utilisateurs. « Il nous faut agir comme des citoyens et agir de façon équitable », a-t-il déclaré.
Entre les incendies qui ont détruit une partie de la récolte et les contraintes liées à l’irrigation, le secteur cannier fait ainsi face à plusieurs défis simultanés. La coordination entre les autorités, les planteurs et les opérateurs privés est déterminante pour gérer les urgences et limiter les répercussions sur la production sucrière, estime le ministre Boolell.

