Nathalie Philogène
Méta-coach, artiste et facilitatrice de Lakaz Baba
rekoneksion@gmail.com
La deuxième édition de Lakaz Baba est présentée au public jusqu’à dimanche 24 mai, au Plaza, à Rose-Hill. Derrière le concept de Lakaz Baba, un cheminement collectif sur 10 mois aboutissant à un événement artistique de sensibilisation au corps féminin. Cette année, focus sur le thème des premières règles. Lakaz Baba, un projet innovant permis grâce à une levée de fonds encore en cours sur la plateforme solidaire Small Step Matters. Objectif : supporter les coûts associés à la logistique, notamment la diffusion à Maurice du documentaire Premières Lunes de Mélanie Mélot, samedi à 16h30. Immersion au cœur du projet avec Nathalie Philogène.
À travers l’initiative Lakaz Baba, j’invite chacun à entreprendre un chemin de reconnexion à soi, à apprendre à mieux se connaître et à prendre soin de son être dans sa globalité.
Mon approche est à la fois sensible, artistique et profondément humaine. Je propose un espace où l’on peut ralentir, s’écouter et se redécouvrir en dehors des cadres habituels, des rôles et des attentes imposées par la société. Avec Lakaz Baba, je porte une vision d’une spiritualité vivante, ancrée dans le corps et dans l’expérience directe. Ici, il ne s’agit pas de croire, mais de ressentir. Pas de suivre un modèle, mais de revenir à soi.
Une spiritualité ancrée dans le corps
La spiritualité est souvent associée à des pratiques religieuses. Pourtant, dans l’approche que je propose, elle est avant tout une quête de soi. Une exploration intime qui passe par une reconnexion profonde au corps.
Le corps est notre premier espace d’existence. Il porte nos mémoires, nos émotions, nos tensions, mais aussi nos élans de vie. Apprendre à l’écouter, c’est déjà entamer un chemin vers soi.
Lors de la première édition de Lakaz Baba, les visiteurs sont venus avant tout pour se « poser ». Se déposer avec eux-mêmes dans un espace sécurisant et bienveillant. Les ateliers proposés — artistiques, corporels et introspectifs — ont permis à chacun d’explorer son monde intérieur à son rythme.
Un parcours de 10 mois : une gestation de soi
Lakaz Baba ne se limite pas à un événement. C’est l’aboutissement d’un parcours de 10 mois, pensé comme une véritable « gestation de soi ».
Neuf mois de transformation, auxquels s’ajoute un premier mois symbolique, celui de la conception. Pendant cette période, les participants se rencontrent une fois par mois. Ces rencontres deviennent des temps dédiés à soi, où l’on apprend à ralentir et à se reconnecter à l’essentiel.
C’est un processus progressif, respectueux du rythme de chacun, qui permet d’entrer en relation avec soi-même de manière authentique.
Un espace de transformation individuelle et collective
Lakaz Baba est à la fois un voyage intérieur et une expérience collective.
Individuellement, chacun y trouve un espace pour se reconnecter à soi, se comprendre et évoluer. Collectivement, le projet crée du lien, favorise le dialogue et permet de porter un regard nouveau sur le corps, sur soi et sur les autres.
Revenir à soi
Au fond, Lakaz Baba nous invite à revenir à l’essentiel.
À prendre le temps de s’écouter. À habiter pleinement son corps. À reconnaître ses besoins et à honorer son rythme.
Revenir à soi, ce n’est pas se couper du monde. C’est apprendre à y prendre place de manière plus consciente, plus alignée.
Et peut-être, simplement, se donner la permission de renaître.
Se dépouiller pour revenir à l’essentiel
L’un des axes fondamentaux du parcours est le dépouillement des couches identitaires.
Nous sommes souvent définis par notre nom, notre origine, notre profession, nos diplômes ou encore notre statut social. Ces éléments font partie de nous, mais ils ne nous définissent pas entièrement.
À travers Lakaz Baba, je propose d’aller au-delà de ces identités. Petit à petit, les participants sont invités à les observer, à les questionner, puis à s’en détacher symboliquement.
Ce processus permet de se retrouver dans une forme de simplicité, presque « à nu », où il devient possible de se reconnecter à son essence profonde. Un espace où l’on peut renaître à soi-même, ou laisser émerger ce qui a toujours été présent.
Un chemin ouvert à tous
Ce parcours s’adresse à tous. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes — chacun peut y trouver un espace de transformation.
Au-delà des différences, nous partageons tous un besoin fondamental : celui de nous comprendre, de nous sentir alignés et de vivre en accord avec nous-mêmes. Lakaz Baba crée ainsi un espace inclusif, où les expériences se croisent et où les regards évoluent.
L’art comme langage universel
Au cœur de Lakaz Baba se trouve l’art, utilisé comme un outil d’expression et de transformation.
Lorsque les mots ne suffisent plus, la création prend le relais. Une couleur, une forme, une matière peuvent exprimer ce qui ne peut être dit.
Ici, il ne s’agit pas de performance artistique, mais d’expression libre. L’art devient un langage universel, accessible à tous, permettant de donner forme à son monde intérieur.
Une exposition comme aboutissement
À l’issue des 10 mois, les créations des participants sont présentées lors d’une exposition ouverte au public.
Cette exposition est bien plus qu’une restitution artistique : elle est le reflet d’un cheminement intérieur. Chaque œuvre raconte une transformation, une prise de conscience, une libération.
Lors de l’édition de mai 2025, la thématique de l’endométriose a été mise en lumière. Un sujet encore trop peu abordé, qui a permis d’ouvrir des espaces de dialogue autour du corps féminin et de la relation à la douleur.
Cette réflexion m’a amenée à poser une question essentielle : comment cheminer avec son corps pour se sentir bien ?
Une campagne de sensibilisation en mai
Lakaz Baba s’inscrit également dans une démarche de sensibilisation.
Chaque année, la campagne se déroule au mois de mai, en résonance avec la fête des mères. Ce choix symbolique permet d’honorer le corps féminin tout en ouvrant des discussions nécessaires autour de thématiques qui y sont liées.
Chaque édition met en avant un sujet spécifique, dans une volonté d’éducation et de partage, accessible à tous.
Cette année la campagne de sensibilisation ouvre un espace de dialogue autour des premières règles dans la culture mauricienne. J’ai choisi de mettre l’accent sur les jeunes filles à l’âge de la puberté. Comment honorer ce corps de femme en plein épanouissement ? Dans beaucoup de familles, cette étape reste silencieuse, voire taboue. Pourtant, c’est un grand bouleversement physique, émotionnel et identitaire. Ne pas en parler, c’est laisser les jeunes filles seules face à leurs questionnements, leurs peurs ou leurs incompréhensions.
À travers Lakaz Baba, je souhaite contribuer à briser ces silences, à ouvrir des espaces de parole, et à proposer une autre manière d’aborder ce moment de vie : avec bienveillance, dignité et transmission. Car accompagner les premières règles, c’est aussi poser les bases d’une relation plus saine, plus consciente et plus respectueuse au corps de la femme — pour aujourd’hui, et pour toute une vie.
Comment soutenir Lakaz Baba ?
La deuxième édition de Lakaz Baba se déploiera au Plaza de Rose-Hill jusqu’au 24 mai 2026. L’occasion d’ouvrir le dialogue autour des Premières règles, encore taboues dans la culture mauricienne.
A travers une exposition artistique exclusive, des débats, des espaces dédiés, l’objectif sera de valoriser la parole des femmes, renforcer les échanges mère/fille et père/fille et sensibiliser le grand public et les élèves des établissements scolaires à l’importance de la connexion avec son corps. Mieux le connaître, c’est déjà l’honorer !
Point d’orgue de cet événement, la projection du documentaire français Premières Lunes de la réalisatrice Mélanie Melot, samedi à 16h30 au Plaza de Rose-Hill.
Citoyen ou entreprise, chacun peut contribuer à la réalisation de ce projet de sensibilisation d’envergure en contactant www.smallstepmatters.org.
o Contact : manager@smallstepmatters.org.
Programme de Lakaz Baba, événement gratuit au Plaza de Rose-Hill
● Jusqu’au 24 mai : exposition artistique de 10h–18h
● 18 mai : cercle interactif pour adolescentes de 10h30 à midi
● 19 mai : cercle interactif pour adolescentes – rencontre avec mon cycle pour mieux comprendre les transformations de son corps et de ses émotions par Megha Venketasamy – de 10h30 à 12h
● 20 mai : session dédiée aux mères « Ce que je porte, ce que je transmets » sur les menstruations, les croyances et l’accompagnement des filles par leur mère par Megha Venketasamy – de 10h30 à 12h
● 21 mai : session holistique pour les éducateurs d’ONG par Séna Médard, thérapeute et accompagnante en parentalité et périnatalité de 10h30 à 12h
● 23 mai : animation par l’équipe de LespriSexy – éducation affective et sexuelle de 9h à 14h
● 23 mai : projection du documentaire Premières Lunes suivie d’un débat animé par Shenaz Patel, écrivaine et journaliste de 16h30 à 19h
● 24 mai : session mère–fille – « I Have You, You Have Me » de 9h30 à 11h30
● 24 mai : clôture de l’événement à 12h
