L’année de tous les dangers

À chaque changement d’année, lorsque sonnent les 12 coups de minuit, nous nous laissons généralement envahir par l’espoir d’un renouveau, de l’entrée dans une nouvelle ère, comme si ce seul changement temporel dans nos conventions calendaires permettait de tirer un trait définitif sur les drames de l’année écoulée. Quel dommage, il faut l’avouer, qu’il n’en soit réellement pas ainsi. Tout serait alors si facile. Hélas, 2022 ne sera en rien meilleure que 2021, bien au contraire. Excepté sur la question de la crise sanitaire, sur laquelle, évidemment, tous les espoirs restent permis.

- Publicité -

Reste en revanche le plus épineux problème de notre siècle, qui, s’il n’est réglé dans les années à venir, risque bien de conditionner notre futur (en tant qu’espèce) pour très longtemps encore, à savoir le réchauffement climatique. Nos frères et sœurs habitant les zones froides ou tempérées du monde s’en sont d’ailleurs très bien rendu compte ces dernières semaines. En effet, ceux-ci n’auront pas fêté de Noël blanc, qu’ils habitent en France ou aux Etats-Unis. Tout au plus aura-t-il été vert ou… jaune, dépendant du degré de sécheresse de leur végétation. En cause : des températures anormalement supérieures aux moyennes saisonnières.

Il faut dire que, si le changement climatique ne nous parle pas de la même manière qu’un certain virus, cette question se sera cependant faite plus présente en 2021 qu’en 2020. L’année dernière aura en effet été largement perturbée sur le plan climatique, et ce, aux quatre coins de la planète. À ceux qui douteraient encore du danger qui nous menace, et qui nous promet bien plus de déboires (et c’est un euphémisme) que le Covid, on pourrait les inviter à une relecture des multiples signaux d’alerte que la Terre nous a envoyés.

Faisons d’ailleurs un petit tour d’horizon. À commencer par le Canada, frappé en juin 2021 par une vague de chaleur sans précédent, ayant fait monter le mercure jusqu’à… 49,6 °C. Du jamais vu dans cette partie du globe. Le mois suivant, ce sont cette fois des pluies torrentielles qui se seront abattues sur l’Allemagne et la Belgique, balayant infrastructures et maisons, et surtout emportant avec elles des centaines de vie. Tout comme en Chine, quasi au même moment, mais à l’autre extrémité du monde donc.

Le même mois, sur la côte est des Etats-Unis, des méga-incendies éclataient, ravageant eux aussi tout sur leur passage. Bilan : des victimes à gogo, des millions d’arbres calcinés, dont des séquoias géants, certains ayant même plus de 1 000 ans. Mais aussi, plus généralement, un nombre hallucinant d’animaux et d’espèces végétales réduits en cendres. Des feux qui auront également frappé la Grèce, la Turquie, la Sibérie… Tellement importants que leurs fumées se seront étirées jusqu’au… Pôle Nord. Des catastrophes qui, au final, auront généré plus de 1 700 mégatonnes de carbone.

Dans le même temps, aux Etats-Unis encore, c’est une tempête qui frappait durement les populations de la côte nord-est, faisant là encore son lot de victimes, avant que plus de 50 tornades ne viennent conclure l’année en décembre avec une rare violence. Rayant purement et simplement de la carte des villes entières. Et la liste pourrait s’allonger.

Question : face à cette réalité, qu’avons-nous fait ? Tout d’abord, lutter contre le virus, qui semble bien plus nous intéresser dans l’immédiat. Et dans son sillage, relancer nos économies, et donc notre puissante machine industrielle. Histoire de compliquer encore un peu plus la problématique du changement climatique. Ensuite, nous avons organisé une COP, la 26e du nom. Une conférence sur laquelle planait beaucoup d’espoir mais qui, finalement, n’aura accouché que de timides engagements, à des encablures de ceux que nous avions pris en 2015 à Paris. Oubliant de fait nos objectifs, et qu’en matière de climat, chaque dixième de degré compte, car influant sur les extrêmes.

C’est un fait, au risque de nous répéter, 2022 ne sera pas meilleure que 2021. Loin de là. À moins bien sûr que nous ouvrions enfin les yeux et que nous ne donnions ne serait-ce que la moitié de la considération et de la crédibilité que nous avons accordé au Covid. Et que la survie de notre espèce (et de toutes les autres) dépasse enfin toute autre considération sociétale, y compris et surtout économique. Bref, un doux rêve qu’il ne nous est pas interdit de faire, mais qui apparaît toujours totalement utopique.

 

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour