La disparition de la ressortissante du Bangladesh, Monowara Begum, récrutée par la famille Uteem en tant que Carer pour une des proches, a suscité de vif échanges de propos entre le ministre du Travail, Reza Uteem, et Joanna Bérenger du Fron Militan Progresis, mardi dernier. Le syndicaliste Fayzal Ally Beegun monte au créneau pour déplorer que « ce cas, avec ses spécificités, ne joue définitivement pas en faveur de Maurice. »
Le syndicaliste revient sur le fait que Maurice est régulièrement critiquée et dénoncée dans le rapport annuel du Département d’État américain sur le trafic des êtres humains ainsi que pour les mauvaises conditions de vie et de travail. La polémique autour de l’incident parlementaire de mardi ternit définitivement davantage l’image de Maurice localement autant que sur le plan mondial. « Politisien fode pa bliye ki ena kamera lor zot kan zot pe koze. Ki pa selma dan Moris pe get zot, me dan le mond antie ! Alor, avan ouver labouss, bizin reflesi byen », dit-il.
« Il faut ajouter au cas de Monowara Begum ceux de plus de 7 000 autres travailleurs étrangers qui seraient en situation illégale dans notre pays. Je reprends les chiffres que le Premier ministre a donnés au Parlement, il y a quelques semaines. De ce nombre, l’on peut comptabiliser entre 3 500 et 4 000 qui sont des Bangladais », poursuit-il.
Fayzal Ally Beegun s’interroge : « Le gouvernement a expliqué qu’il doit avoir recours à davantage de main-d’oeuvre étrangère pour aider l’économie. D’ailleurs, en ce sens, une plateforme d’emploi direct a déjà été lancée pour le recrutement de travailleurs de l’Inde. Mo dimann mwa ki linpak case Monowara Begum pu ena lor tousala. » Il indique que « je me bats inlassablement depuis 32 ans pour les travailleurs étrangers, pour qu’ils aient des conditions de travail décentes et qu’ils ne soient pas soumis à la maltraitance. Le cas de cette jeune Bangladaise qui a préféré fuir son employeur justifie toute ma lutte. Malerezma nou pe trouve ki travayer etranzer pe kontinye gayn maltrete. »
Que la jeune femme ait fui la résidence de son employeur, estime F.A Beegun, est encore plus grave. « Nous n’avons pas d’informations à ce stade pourquoi elle a pris une décision aussi radicale. Si je m’en tiens à ce que Reza Uteem a expliqué à l’Assemblée nationale, le contrat de Monowara Begum a déjà été renouvelé. Elle est arrivée à Maurice en 2023. Pourquoi s’est-elle enfuie en 2026 ? » se demande-t-il.
Le syndicaliste s’est dit outré qu’une prime ait été mise sur la tête de l’ouvrière. Soit Rs 100 000 pour la retrouver alors que d’habitude, cette prime avoisine les Rs 15 000 à Rs 25 000. « Kisann-la kinn desid sa ? Est-ce que ceux qui sont à l’origine de cette décision se rendent-ils compte que ce faisant ils mettent la vie de Monowara Begum en danger ? Qu’elle est désormais une cible ? » Fayzal Ally Beegun plaide pour qu’où qu’elle se trouve, cette ressortissante du Bangladesh soit en sécurité. « Je lance un vibrant appel aux Mauriciens, si vous savez où se trouve cette jeune femme, s’il vous plaît, aidez-la ! Protégez-la ! »
IL souhaite que des avocats, conscients de l’urgence de cette situation, assistent Monowara Begum et lui viennent en aide. Il ne faut pas qu’elle soit déportée Manu Militari aussitôt que les autorités la retrouvent. « Nous sommes dans une démocratie, un pays libre où les humains sont respectés. Clairement, Monowara Begum se cache et a préféré s’enfuir parce que quelque chose n’allait pas. Sa version des faits doit absolument être entendue pour que triomphe la vérité », estime-t-il.
Faycal Ally Beegum a critiqué vertement l’ambassade du Bangladesh à Maurice. « Pourquoi avoir fait une vidéo spéciale que sur Monowara Begum ? Alor ki ena otan travayer Banglade ki pe viv en sityasion ilegal ! Est-ce qu’il y a eu ingérence de personnalités influentes pour que cette jeune femme soit ainsi Singles Out. Est-ce parce que son employeur est un politicien, un ministre ? » se demance-t-il.
Le syndicaliste lance un appel au gouvernement : « si vous êtes sérieux s’agissant des travailleurs étrangers, renforcez les unités de Special Migrant et de Dormitories au ministère du Travail. Que les inspecteurs de ces départements aient la prérogative d’aller rendre visite aux travailleurs étrangers sans avoir à informer ou demander la permission des employeurs pour qu’ils n’aient pas le temps de s’ingérer et d’interférer dans le bon déroulement des opérations. Que ces inspecteurs puissent écouter ces travailleurs et leurs doléances, et voir dans quelles conditions ils sont amenés à vivre. Il y a trop de connivences et les règles ne sont pas respectées. »
Fayzal Ally Beegun conclut : « ces travailleurs sont des humains comme chacun de nous. Mais leur situation, notamment leur bien-être doit nous interpeller. Ils ne sont pas venus à Maurice en vacances. Ils font d’énormes sacrifices. Ils n’ont personne vers qui se tourner quand ils ont des problèmes, ici. Zot pe rinte, zot pe travay kouma bef pou ramass kas anvoy zot bann fami. Et pourtant, des Mauriciens, sans scrupule ni pitié, les exploitent, les maltraitent. C’est révoltant. Ce gouvernement doit mettre un terme une bonne fois pour toutes à ces mauvaises pratiques. »

